les lois de Darwin à petite échelle dans les tumeurs

lundi 2 avril 2012

On le sait, Peter Nowell and David Hungerford provoquaient, il y a plus de 50 ans, un profond changement dans la lutte contre le cancer : à cette époque, la plupart des scientifiques pensaient que les virus étaient la cause des cancers. Les deux scientifiques, au contraire, démontraient qu’un chromosome particulier pouvait provoquer la prolifération de cellules identiques conduisant à des tumeurs malignes : dès lors, l’origine génétique des cancers était plausible. Puis, dès 1976, P. Nowel avance l’idée que la prolifération des cellules obéït aux lois de l’évolution énoncées par C. Darwin. Une cellule tumorale mutante comme les autres êtres biologiques transmettrait à ses descendants la mutation qui entrerait alors, pour les ressources nécessaires à leur croissance, en compétition avec les cellules non-mutantes. Les travaux de Li Ding et Timothy Ley [1] confirmèrent l’idée de P. Nowell : les variations génétiques d’une tumeur croissent alors qu’une chimiothérapie n’atteint pas les plus résistantes qui, ainsi, prolifèrent de nouveau après le traitement.

La sélection naturelle darwinienne au niveau cellulaire

Comme pour les êtres biologiques, seuls survivent dans les tumeurs ceux des traits héréditaires qui favorisent la survie des cellules tumorales qui ainsi prolifèrent. Du point de vue de la créativité, l’hypothèse émise par P Nowell et vérifiée par bien de ses suivants correspond à un transfert de connaissances par changement d’échelle (diminution de l’objet)

Source :
N Gompel, B Prud’homme, L’évolution darwinienne des tumeurs ; cahier du Monde n 20900"Science et technologie" du Samedi 31 mars 2012


[1Clonal evolution in relapsed acute myeloid leukaemia revealed by whole-genome sequencing Nature 481, 506–510 (26 January 2012)