La pharmacie suit la médecine de près ?

dimanche 27 novembre 2011

La médecine ne soigne qu’un déséquilibre des "humeurs"

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Une pratique medicale ancienne : la saignée
Saignées et purges ont longtemps été les théapeutiques de la médecine.

La médecine a longtemps recherché une seule cause à toutes les maladies. En Europe, la théorie des humeurs inspirée d’Hippocrate n’a longtemps débouché que sur des thérapeutiques sommaires comme la saignée, la purge ou le lavement.

Peu à peu les maladies se précisent après l’invention, , entre autre, d’instruments comme le microscope, le stéthoscope, etc. Un diagnostic au sens moderne du terme peut être établi.

La pharmacie parallèle à la médecine

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Tests avant la mise sur le marché,
De nombreux tests sont pratiqués avant la mise sur le marché d’un médicament.

De ce fait, la pharmacie s’est développée parallèlement pour attribuer un remède à une maladie plus précisément diagnostiquée qu’un déséquilibre des humeurs du patient. Des médicaments innovants sont alors introduits sur le marché à la suite de 5 phases :

  • La phase pré-clinique qui étudie organes et molécules.
  • La phase I qui teste l’absence d’ effets secondaires et la tolérance des médicaments sur un petit groupe de patients.
  • Phase II qui détermine le dosage optimal du médicament.
  • Phase III essai clinique proprement dit avec utilisation d’un placebo.
  • Phase IV étude à long terme une fois le médicament introduit sur le marché.

La recherche pharmacologique traditionnelle ne réussit à produire qu’un médicament sur 10 000 molécules testées au cours de ces 5 phases. Dans ces conditions, certaines entreprises [1], essaient, non plus de parcourir avec un succès incertain ces phases de test, mais de combiner les molécules déjà commercialisées. Elles s’évitent ainsi les coûts [2]- des essais cliniques de la phase 1 sur les humains après ceux sur les animaux. On peut schématiser le processus de la manière suivante

Recherche et développement pharmacologique :

Phase Pré-clin+Phase I+Phase II+Phase III+Phase IV = Mise sur le marché

Puisque les nouveaux médicaments sont une combinaison de molécule déjà commercialisées, la phase I n’est plus nécessaire :

Phase Pré-clin-« Phase I »+Phase II+Phase III+Phase IV = Mise sur le marché

La pharmacologie des réseaux, elle, développe une stratégie d’action différente : elle part du principe que les maladies n’ont pas qu’une cause unique mais sont le résultat d’une défaillance d’un réseau de molécules interagissantes. De la même manière, soigner revient non plus à administrer une molécule à une cible mais à jouer sur l’interaction des molécules curatives.

Des résultats prometteurs

Cette nouvelle stratégie pharmaceutique, grâce aux pléomédicaments a fait gagné 5 ans sur les délais normaux de mise sur le marché des médicaments. Les premiers pléothérapies, testés sur la maladie de Charcot-Marie-Tooth combinent l’action du blacofène, du naltrexon et du sorbitol.

Du point de vue de la créativité, cette nouvelle stratégie relève de la suppression pure et simple de la phase I d’essais cliniques sur les humains dans la longue série de tests nécessaires à la mise sur le marché d’un médicament. Cette suppression de la phases I réalise non seulement une économie sur les budgets de tests mais également lève un obstacle aux progrès pharmaceutiques rapides.


[1comme Pharnext

[2Le milliard d’Euros est le coût approximatif de la mise au point d’un médicament - La recherche pharmaceutique à l’heure de la pléothérapie, le Monde duSamedi 26 Novembre 2011