Petite anomalie, grands effets !

vendredi 30 septembre 2011

Une théorie, à partir d’une perception sensible devenue intelligible, on le sait, établit des relations entre des variables extraites par géométrisation de la réalité. Que les connaissances, par un affinement des mesures ou des observations - pour ses théories, Galilée disposa de la lunette astronomique - changent sur une réalité donnée et la théorie doit être revue. En somme, l’échaffaudage théorique bâti autour de la réalité est bien fragile : il suffit d’un rien pour que son équilibre soit menacé.

Une anomalie de taille !

C’est sans doute cette menace qui a rendu hésitant Dario Autiero [1]. et son équipe. Ses résultats, s’ils étaient exacts, pourraient remettre en question la sacro-sainte et indépassable vitesse de la lumière.

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L’expérience OPERA Crédits CERN
"Durant les 2,5 millisecondes de leur parcours d’environ 730 kilomètres, une partie des neutrinos muoniques oscillent et deviennent des neutrinos tau. Ces particules entrent alors en collision avec les neutrons des noyaux de plomb des 150.000 unités de détection d’Opera, protégé du bruit de fond des rayons cosmiques par son enfouissement. "

Dario Autiero l’a mesurée en adoptant pour les distances quelques 20 centimètres de marge d’erreur sur les mesures et quelques nanosecondes pour les erreurs permises sur le temps. De plus, des perturbations comme la dérive des continents, du séïsme d’Aquila ont été prises en compte. Mais les 15 000 neutrinos sur lesquels ses chercheurs ont effectué leurs mesures vont plus vite que la vitesse de la lumière. Dans le vide. ces neutrinos gagneraient 20 mètres sur la distance du Cern à Gran Saosso ( environ 730 km) parcourus en 60 nanosecondes de moins que la lumière.
La différence est tellement significative que d’autres mesures contradictoires devront être réalisées pour confirmer ou infirmer ces résultats. Mais dores et déjà, cette anomalie ou bien doit obliger à revoir les théories de la relativité qui reposent sur la constance de la vitesse de la lumière soit savoir le pourquoi de cette différence dûment constatée.

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Neutrinos supraluminiques

Du point de vue de la créativité, cette découverte d’une anomalie place le processus de recherche dans ce qui constitue l’"air du temps" (voir Zeitgeist du "schéma de la marelle") que l’origine du questionnement soit ou bien une anomalie au regard de la théorie de la relativité ou bien une erreur de mesure qu’il est de toutes les manières ; nécessaire d’expliquer. L’objet " neutrino " de satisfaisant qu’il était (et représentable par un A) lorsqu’il était considéré comme infra-luminique devient alors insatisfaisant (et représentable par la lettre grecque lambda déductible de A par la perte de la barre médiane) lorsque l’expérience OPERA annonce avoir trouvé des neutrinos supraluminiques.


[1chercheur du CNRS à l‘institut de la physique nucléaire de Lyon