La voiture électrique dans l’air du temps ?

lundi 18 juillet 2011

Devant les balbutiements des véhicules à propulsion électrique depuis la carriole de Thomas Parker en 1884, on peut se demander si notre époque ne connaîtra pas un saut technologique semblable à l’utilisation des moteurs à explosion à une époque où la traction était encore pour une large part animale.

La voiture disparaîtra-t-elle comme la diligence ?

La voiture à essence, héritière de la diligence, subit actuellement des pressions de toutes parts : elle doit transporter de plus en plus de gens, plus vite, mieux et maintenant... sans réchauffer la planète. De plus, elle fait partie d’un genre de vie commun à plusieurs continents. Pour répondre à ces pressions, de nouvelles voitures sont testées sur le marché. Leur traction est électrique, thermique ou hybride. Mais, ces améliorations n’accouchent pas de voitures vraiment nouvelles : les inconvénients de la voiture électrique ne sont pas nouveaux : coût élevé de production, faible autonomie, vitesse réduite sont, dès le début, ses handicaps vis à vis des véhicules thermiques à essence ou à vapeur. Doit-on alors supposer que se transporter d’une autre manière est dans l’air du temps avant une rupture significative dans nos modes de transport ?

La voiture électrique ne date pas d’hier

Dès 1900, la voiture électrique connait de beaux jours. Plus du tiers des voitures en circulation sont électriques, le reste étant des autos à essence et à vapeur.

JPEG - 15.1 ko
Thomas Parker dans la première voiture électrique
La première voiture électrique date de 1884

En 1902 la Phaeton de Wood pouvait rouler 29 kilomètres à une vitesse de 22.5 km/h et coutait 2000 dollars. Mais la traction à essence, à la fois meilleure marché pour la fabrication et à l’usage a permis le lancement de la Ford T dès 1908. Depuis, l’automobile n’est plus réservée à une élite éprise de liberté pour se transporter, mais est destinée à un marché de masse. qui n’a pas les moyens de la traction électrique ou à vapeur. Dans ces conditions, la voiture électrique conserve ses handicaps et reste en perte de vitesse jusqu’aux chocs pétroliers. Mais la raréfaction et donc le prix élevé des hydrocarbures ainsi que les contraintes dues au changement climatique semblent lui donner aujourd’hui une nouvelle chance !

Bilan global peu écologique

A ne considèrer que les arguments de vente concernant la "propreté" de la voiture exprimée en g de CO2/km, la voiture électrique, comparée aux véhicules à traction hybride ou à essence, sort grandie de la comparaison. A cette simplicité chiffrée, il convient d’apporter quelques nuances puisque le bilan carbone ne s’arrête pas à la voiture : la manière de produire l’électricité pour alimenter les batteries du véhicule a une réelle importance. Ainsi une voiture électrique produite en France peut espérer ne rejeter que 40 g CO2/km alors que si elle est produite au Japon, elle rejette 130 g Co2/km ou même 200 g en Chine où les centrales électriques fonctionnent au charbon. C’est dire que, globalement, certaines voitures électriques sont plus polluantes que les véhicules équivalents à moteur thermique A ces nuances, il convient d’ajouter le bilan carbone des batteries proprement dites : en France, par exemple, on estime à 66 g Co2 / km parcouru le contenu carbone des batteries fabriquées en Asie. Il est loin d’être négligeable par rapport aux dépenses d’énergie d’un véhicule sur toute sa durée de vie.

JPEG - 11.7 ko
Recharge d’une voiture électrique
Prix, faible autonomie, vitesse réduite sont toujours des handicaps de la voiture électrique

Si, à première vue, la voiture électrique renaissante assainit la circulation de nos villes polluées et bruyantes, son prix empêche de l’imaginer conquérir le marché victorieusement. L’amélioration des véhicules thermiques, en revanche, est plus prometteuse si l’on considère les progrès accomplis depuis leur apparition. A moins, que quelques bouleversements n’atteignent non pas la voiture elle-même mais les modes de transport sur notre planète. Après avoir substitué le moteur au cheval, l’automatisation de la conduite, risque dans un proche avenir de transformer le conducteur d’une automobile en passager non plus d’un véhiculer mais d’un véritable centre de communication où il ne s’agira plus seulement de déplacer des corps mais de remplir le temps mort du transport.

JPEG - 43.1 ko
Le conducteur devient passager
l’automobile Google est équipée de radars, de capteurs sensoriels, de caméras vidéo, de GPS trois dimensions, de télémètres lasers, etc.

voir aussi :

Véhicule du Futur : Il faut revoir la Convention de Vienne

 [1]


[1Quelques jalons de l’histoire de la voiture électrique.

1832-1839.- Carriole électrique de Thomas Anderson.

Vers 1835.- Locomotive électrique de l’américain Thomas Davenport construit une petite locomotive électrique sans batteries rechargeable.

Vers 1838.- Sans batteries rechargeables, la petite locomotive de l’écossais Robert Davidson peut rouler jusqu’à 6 km/h.

1859.- invention de la batterie rechargeable au plom du français Gaston Planté.

1881.- Amélioration de la batterie rechargeable de Camille Faure.

1884.- Voiture électrique de Thomas Parker

1891, . voiture de l’américain William

1897.- Taxis électriques dans les rues de New York.

1899.- « La Jamais Contente », munie de pneus Michelin dépasse les 100 km/h us).


Sur le Web : La voiture de demain