Création au quotidien : le système D.

vendredi 15 janvier 2010

Un symbole d’appartenance à un groupe

Un chercheur d’une institution norvégienne se souvenait tout naturellement d’une des gloires du pays, l’invention de l’attache connue de par le monde pour tenir des feuilles de papier. Le "trombone", comme les francais l’appelaient, pourrait être utilisé comme symbole d’appartenance à un groupe, pensait-il, [1] au cours de ses recherches. Lors de la Seconde Guerre Mondiale,en effet, dans la Norvège occupée, les résistants à l’occupation allemande portaient un trombone à la boutonnière comme signe de reconnaissance. Tout à ses pensées, le chercheur essaya de se faire un café à l’aide de la machine de l’institution.

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Machine à café
A coté de la machine à café, une fermeture improvisée du sachet.

En manque de café

Il constata alors que le café en grain manquait. Comme il ne trouvait pas le sachet, dans le réfrigérateur du service, il demanda au responsable de l’approvisionnement en café les précieux grains. Ouvrir le sachet ne présentait aucune difficulté mais en conserver l’arôme en le refermant était une autre histoire !

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Pince commerciale
La pince de fermeture des sachets de café est un objet de consommation ordinaire.

Un accès de mauvaise conscience envahissait le chercheur quand il se souvenait qu’il avait lui-même négligé de signaler que la pince en plastique fermeture habituelle des sachets s’était brisée sous ses mains.

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Des trombones substitut d’une fermeture
Pour conserver l’arôme du café avant une fermeture plus étanche

"Peut-être le secrétariat a-t-il pensé à acheté une pince " pensa-t-il en se dirigeant vers une des secrétaires du service. "Cherche, et tu trouveras la pince dans le placard " lui-fut-il répondu sèchement. Sans se décourager, le chercheur commenca à ouvrir une à une les portes du placard à la recherche de la pince en plastique. Il n’avait pas ouvert la première porte que le souvenir d’une situation semblable refaisait surface bien des années après quand sa mère était incapable d’attribuer une place à chaque chose pour retrouver facilement chaque chose à sa place. Ce souvenir l’irrita au point qu’il retourna vers le secrétariat pour demander des trombones.
Est-ce une réminiscence de ses pensées sur les trombones norvégiens ? Nul ne sait exactement d’où vient cette pensée, mais le chercheur gardant à l’esprit la fonction " pince " de fermeture du sachet, avait substitué à la pince manquante un assemblage de trombones ayant la même fonction.


[1dont l’invention a été commentée par Øyving Thorsen, extrait du livre "Tanker i opplag" traduction JF Doucet en ces termes : "L’inventeur du petit truc marrant, Johan Bindersen, un soir de 1896 s’ammusait avec des cure-pipes. Qu’ est-ce que notre petit Johan va devenir ? demandaient souvent Monsieur et Madame Bindersen en se couchant après avoir vidé les poches du gamin de ses figures en fils de fer. De jolies figures, des triangles des carrés, des rectangles, mais inutilisables ! Ses parents avaient espéré un avenir pour lui au Ministère des Transports, ou bien comme prêtre ou chirurgien mais Johan tordait seulement ses fils de fer. De plus, il pliait ce qui était le moins utile à la ferme. Personne dans le quartier n’ avait de papier, hormis la Bible. Ainsi les quinze premiers trombones au monde ont été utilisés pour se curer les oreilles, se perdre par terre ou dans un tiroir. Les gens rirent de lui lorsqu’il prit le nom de Vaaler toujours en tortillant ses fils de fer susceptibles, disait-on, de crocheter les coffres.
Mais en 1902, Asbjørnsen Å. Moe cherchait à recueillir le conte populaire " La Princesse que personne ne pouvait attacher " mais n’ avait trouvé aucuns vieux qui s’ en souvenaient dans le quartier. A. Moe pensait à abandonner et rechercher plutôt " Cendrillon et ses aides " lorsqu’ il vint à passer par Nordre Bindersen(*) là où,. il le savait, la grand-mère du petit Johan connaissait le conte de Cendrillon. C’était d’ailleurs le seul qu’elle connaissait. Å Moe écrivait sous sa dictée et voulait attacher les feuilles avec son agrafeuse lorsqu’il vit entre deux lattes de plancher briller quelque chose : Voilà l’ avenir ! pensa-t-il.
Ainsi Johan devint libraire rue de l’ Université à Christiania, devint un personnage important gravitant autour de Hans Jæger et Mentz Schulerud, fréquentant le Grand Café avec Ibsen et Osterman Jenssen ( l’ inventeur de la pelle à fromage quelques années auparavent )