Un nouvel antigel biologique d’Alaska

samedi 9 janvier 2010

Les antigels protéïniques

Les insectes utilisent plusieurs procédés pour se protéger du froid. Des molécules antigel inhibe la formation de cristaux de glace ou leur accumulation une fois formés. Ils empêchent également la destruction des cellules par le froid. Certains insectes même, grace à des antigels abaissent la température de leur corps et survivent ainsi sans être congelés.

Une molécule antigel voisine de celles de la membrane cellulaire

Le ténébrion rugueux, Upis ceramboides (Linné, 1758). étudié par des scientifiques de l’Institut de biologie arctique de l’Université de l’Alaska Fairbanks résiste à des températures voisines de - 70 C grâce à un antigel d’un type particulier. Hibernant dans un endroit sec pour y attendre les beaux jours, son antigel ne contient que peu de protéïnes contrairement à celui des autres insectes. Il est composé d’une molécule d’un xylomannane, associant un sucre et un acide gras très semblable à celui de la paroi cellulaire.

JPEG - 115.4 ko
Ténébrion rugueux
Le ténébrion rugueux, Upis ceramboides (Linné, 1758) résiste à des températures voisines de -70 C

Pour Brian Barnes, zoophysiologiste, et directeur de l’Institut de biologie arctique de l’Université de l’Alaska Fairbanks, cette similitude pourrait permettre au xylomannan de s’intégrer dans la paroi cellulaire et ainsi protéger les cellules contre la formation de cristaux de glaces internes alors que les molécules antigel d’origine protéique ne passent pas les membranes cellulaires.

La Nature fait bien les choses

Cette découverte pourrait avoir de nombreuses applications : fabrication d’antigels industriels, de béton utilisable dans des terrains gelés, nouveaux revêtements pour ailes d’avions ou éoliennes à base de xylomannane, fabrication de plantes génétiquement modifiées pour mieux résister au froid. Dans le domaine de la santé, les organes à transplanter se conserverait mieux et plus longtemps à basse température.

La découverte du mode opératoire des xylomananes confirme, si en était encore besoin après les progrès de la bionique, les ressources naturelles insoupconnées.



Toutes les brèves du site