"Il est impossible de discuter sur un objet, de reconstituer l’histoire qui lui a donné naissance sans d’abord savoir ce qu’il est"

C Levi-Strauss.

 

 

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Etres humains et réalité

 

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Le modèle ~Model=OMM adopte la distinction cartésienne entre la réalité extérieure (" Res extensa ") et le sujet pensant ( " Res cogitans " ) en y apportant les aménagements nécessaires. Au cours du processus créatif, en effet, la subjectivité du créateur est engagée de telle sorte qu'on ne puisse plus considérer sa réalité comme une réalité objective.
L'objectivit
é, en particulier scientifique, est alors définie comme une subjectivité partagée. Pour faire passer du sensible a l'intelligible, un créateur nécessairement immergé dans le langage s'adresse a un autre avec l'intention de passer une convention nouvelle de sens. L' émergence, a partir des paroles echangées d' organisation signifiantes nouvelles est due au passage de l* Imaginaire au Symbolique lors d' une ré-écriture du Réel. On appellera "Je" cette instance du sujet créateur capable de réorganisations symboliques pour la distinguer du "Moi" et de l'"Ego" (Moi-je) qui serait ce reliquat chez les individus s'opposant a passer des conventions nouvelles en maintenant pour différentes raisons, en particulier d'équilibre dans la réalité les conventions déja admises.


Moi, Je, et Ego en relation avec la réalité

Sur l’illustration ci-dessus, on voit en particulier qu’un chercheur dont la conscience est centrée sur son « ego » fait de son refus à passer des conventions nouvelles sur la réalité reste figé à une perception de sa réalité comme si elle était « la Réalité » (immuable). On voit également que l’instance appelée « moi » utilise les éléments du Symbolique pour exprimer ceux de l’ Imaginaire sans pour autant ré-écrire le Réel. Quant à des éléments forclos du Symbolique, dans l’impossibilité d’être intériorisés par le chercheur, réapparaissent dans le Réel sous forme de ce que la psychiatrie appelle hallucinations.    

Désignation de la réalité extérieure

La créativité s'intéresse aux objets notés A qui n' existent pas (encore) et qui seront découverts, inventés ou crées. La meilleure figuration de cet objet A est le vase qui ne prend sa fonction de vase que parce qu' il est creux et qu'on notera . La représentaiton d'un objet par un vase est évoquée par Laozi

Trente rayons se rejoignent en un moyeu unique: ce vide
dans le char en permet l'usage.

D'une motte de glaise, on façonne un vase; ce vide
dans le vase en permet l' usage.

On ménage portes et fenêtres pour une pièce; ce vide
dans la pièce en permet l'usage.

L'Avoir fait l'avantage, mais le Non-avoir fait l'usage.

 

On remarquera que A se déduit de L(Lambda) par adjonction de la petite barre centrale " - "qui, ainsi vient combler le vide situé entre les jambes du L(lambda). Cette désignation de l' objet de la créativité par A permet ainsi de signifier que le vase du potier est un espace vide entouré de glaise .

 


Fig.1.- Représentation de l' objet A

Cette définition est un cas particulier des objets de l' univers physique où les objets sont les noeuds entre les 4 interactions fondamentales : la gravitation, la force électromagnétique, l' interaction faible et forte dont les principales caractéristiques sont consignées dans le tableau suivant:

 

Interaction

 Portée

Intensité

 Effet

Champ d’action

Forte

10-15 m

1

Attire ou repousse

Noyau des atomes

Noyau des atomes (électromagnétique)


infinie

10-2

Attire ou repousse

...de l’atome à l’étoile

Faible

10-17 m

10-6

Transmute

Noyaux d’atomes

Gravitationnelle


infinie

10-40

Attire

étoiles, galaxies, univers

Le créateur exprime sa perception

En l'absence d'une  théorie du champ unitaire, l' interaction informationnelle responsable de l' influence réciproque qu'exercent deux êtres parlant l' un sur l'autre en échangeant des organisations signifiantes n' apparait pas . Cette incohérence étant notée, le vase représentant l' objet A avec les remarques ci-jointes ne représente qu'une faible partie des interactions de notre environnement. Il se situe dans le domaine du visible et du pondérable alors que les rayonnements électromagnétiques, entre autre,  ne nous sont pas directement perceptibles mais doivent être traduits en son par la radio, par exemple. Au regard de la créativité, la perception du créateur de l' objet A (comme un vase) est nécessairement discordante et, état d'insatisfaction du créateur, sera notée L . Le vide apparaissant entre les jambes du lambda figure alors la tension entre perception intérieure et objet extérieur d'où naitront oeuvres d' art, inventions ou découvertes exprimées sous forme d'organisations signifiantes notées " - ". insatisfait mais desirant toujours mieux faire sera note A lorsqu'il obtiendra satisfaction grâce à son oeuvre.

La recherche d'un état de satisfaction fait appel à un élément paradoxal indicible évoqué par le texte taoïste suvant :

 

soit une des 94 version autorisées de ce texte :

 

 

Fig.2.- (**) Figuration du sujet créateur A à l'aide d'une conception taoïste du signe

Cette conception taoïste du signe traduit l'enracinement dans l'identité chinoise de la croyance qu'il existe une profonde unité, un lien réel entre les signes d'écriture et ce qu'ils représentent. Un signe chinois fait plus que représenter la réalité, il la rend présente. Pour un esprit occidental, un objet plus que sa présence peut être représenté par un signe selon la définition médiéval du signe "aliquid stat pro aliquo" alors qu' un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant (voir *).

Quoi qu'il en soit, tenir compte de l'interaction informationnelle reviendrait à attribuer un sens à notre vase, un peu comme s'il était une forme sans contenu, c' est-à-dire un signifiant sans signifié.  Cette attribution d' un sens justifierait, a postériori, le choix de la lettre A pour le représenter, du fait des mots qui seraient employés pour le lui donner. La désignation de l' objet A, en effet, ne peut être que défaillante puisque court toujours sous le système de signifiants l' élément paradoxal. Aussi précise que la désignation puisse être, les mots ne pourront qu' imparfaitement nommer le vase, laissant entre les signifiants le décrivant et le vase, un reliquat représentant la différence entre la perception du vase et le vase. Cette défaillance justifie de la même manière l' adoption de la lettre A pour désigner le créateur cherchant satisfaction en créant à partir de L(lambda), objet imparfait, un objet A à son image et temporairement satisfaisant.

Dans la tradition occidentale, tout discours vivant fait appel à un élément paradoxal à la manière du carré magique des enfants ( Jeu de Taquin ) qui doivent mettre des nombres dans un certain ordre ts en les faisant coulisser grâce à un élément manquant.

Jeu du taquin


La tradition chrétienne dans l' Evangile de Jean fait également allusion à cet élément paradoxal .

" Au commencement était le Verbe et quand le verbe de Dieu s'est fait chair, il confirma l' un et l'autre ; il rendit manifeste l' image, en devenant en vérité ce qu' était l'image et il rétablit solidement la ressemblance, rendant semblable au Père invisible par le Verbe visible ".

Après cette mise en relief du Verbe et de " Celui qui est " vient une longue tradition ( de Saint Augustin à Descartes ) où le domaine du Logos est prédominant, susceptible de couvrir la réalité d' explications. Cette conception a cours dans le monde occidental jusqu'à nos jours. Elle trouve son paroxysme dans le Scientisme où " ce qui ne peut pas être dit, n' existe pas ". Toute réalité irrationnelle une fois évacuée, le discours scientificque n' est plus qu' une organisation de signifiants couvrant cette réalité plus ou moins adéquatement. Il reste qu'avant d'être organisation de signifiants, lettre morte par conséquent, le discours scientifique a été produit par des savants asujettis non seulement à leur croyance mais aussi aux contraintes introduites par le langage . La conception de ce langage par d' autres traditions, hors du dipôle sujet/objet de la science occidentale possède également cet élément paradoxal, à l' origine de toute création.

On notera là une deuxième incohérence dans le sens donné aux signifiants : d' une part, une conception orientale du signe qui présuppose un vide analogue à celui du vase ou du champ d' interaction dans lequel émergeraient des noeuds d'interaction (comme la glaise du vase) dont une création ne serait qu' un cas particulier de l' intervention du champ informationnel ( le sens accordé au vase ). L'autre présuppose une conception occidentale du signe qui peut être mis à la place de quelque chose (comme le vase) sans faire intervenir le vide d'une forme  auquel viendrait s' adjoindre un contenu. Sans doute cette conception occidentale du signe est-elle visible dans le champ de l' informatique actuelle qui, oubliant le potier attribuant un sens à son vase, ne traite que des signifiants pour, dans l' espace, les transmettre, les diffuser, les effacer ou, dans le temps,  les différer.

 

Sujet
Objet
Res extensa
A
L
Res cogitans
L
A

Pour ce qui concerne la créativité, cependant, concevoir une nouveauté présuppose que le créateur soit capable de remettre en cause la convention de langage passée avec son interlocuteur qui leur permet de s' accorder sur un sens à donner à un objet, de le désigner par un signifiant à l' aide d'une convention déjà admise par autrui et transmise par le vocabulaire adopté par les deux interlocuteurs .

suite

Désignation de l'objet

*Liens : J. Lacan et le chinois

** Les 94 versions du texte du Tao

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Désignation de l'objet

Le sujet en création

Figuration d'un changement de paradigme

Figuration fractale du progrès des connaissances