Le centre de gravité

de toutes les explications du monde

est un ensemble vide qui provoque chez le savant

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son explication du monde.

 

 

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Tous les ingrédients d'une innovation...

Alexandre Fleming travaillant sur les staphylocoques découvre dans la lignée de ses travaux le lysozyme. Mais il faudra son habileté pour qu'une nouvelle substance comme la Peniciline soit découverte.

Eratosthènes | Accueil | B. Franklin

 

A. Fleming 1881-1955

La découverte de la Penicilline : le film des évènements.

Au St. Mary's hospital (2) travaillait le microbiologue Alexander Fleming sur les staphylocoques qui étaient, entre autre, responsables d'infections de plaies, d'empoisonnements sanguins, et de congestions pulmonaires. Il avait découvert que certains enzymes, les lysozymes, dans les larmes et la salive pouvaient repousser ces bactéries et était justement en train de préparer une série de cultures. Sans qu'il le sache, une de ces cultures avait été infectées par une spore de champignon. Après avoir préparé la série de cultures, il partit en vacances.

A son arrivée de vacances, le 3 Septembre 1928, la première chose qu'Alexander Fleming fit, fut de désinfecter ses boites de staphylococcus aureus : sur le dessus de la pile, une culture de moisissure lui apparut entourée d'une zone circulaire exempte de bactéries. Avec un de ses collaborateurs, il découvrit la culture du champignon. " C'est drôle ! ", dit-il lorsqu'il remarqua la zone sans bacteries autour de la colonie de champignons. Il comprit vite qu'il venait de faire une découverte inhabituelle et l'année suivante ( 1929 ) il publiait le premier compte-rendu de l'effet de la penicilline ( comme il avait baptisé la substance anti-bactérienne d'après le nom latin du champignon Penicillium ).

Heureux hasard ou concours de circonstances ?

Il se passa avec la culture infectée la chose suivante : pour commencer, il faisait chaud dans le laboratoire et les staphylocoques se divisaient sur le milieu de culture. Mais le temps changea. Il fit plus froid pendant 9 jours et les bactéries cessèrent de croître. En même temps, les champignons de culture se mirent à se multiplier ( les champignons prospèrent habituellement à une température plus basse que les staphylocoques) et produisirent une substance qui élimina les bactéries ( qui surpassent les champignons dans les aliments à température plus élevee). La température ensuite remonta et les staphylocoques se divisèrent partout à l'exception de la zone où les champignons avaient répandu leur substance antibactérienne. A cet endroit, les jeunes staphylocoques actifs étaient tués et dissous. Autour de la colonie de champignons circulaire, une zone claire sans bactérie se developpait . Si le temps n'avait pas été froid, les staphylocoque se seraient multipliés sans restriction, et les champignons n'auraient jamais eu l'occasion de croître. Heureusement il y avait peu de laborantin à l'hopital pendant cette période calme de l'été et la culture - qui en fait aurait du être jetée où désinfectée - se développa sans difficulté avant l'arrivée d' Alexander Fleming.

" Au cours du travail avec différents staphylocoques un certain nombre de cultures furent mises de coté et examinées de temps en temps. Lors de l'examen, ces cultures étaient exposées à l'air et ensemmencées par differents micro-organismes. On remarqua qu'autour d'une grande colonie de champignons polluant les colonies de staphylocoques étaient devenues transparentes et sans aucun doute en voie de dissolution. " ( 7).

Mais d'où le champignon venait-il et quel sorte de champignon était-ce ? (5) L'histoire raconte volontiers qu'il vint par une fenêtre ouverte, mais ceci n'est pas exact puisque Fleming de laissait jamais une fenêtre de son laboratoire ouverte. La porte, au contraire, restait habituellement ouverte. Le même été et au même endroit un jeune mycologue irlandais, Charles J. Latouche sur des champignons provoquant des allergies chez des malades atteints d'athme. Il s'avèra que le champignon des cultures d'Alexandre Fleming étaient le même que celui que Latouche avait apporté à l'hopital. Le champignon fut identifié comme Penicillium notatum, en fait une des rares variétés des Penicillium qui produit de la penicilline.

 

Interprétation.

Le compte-rendu de la découverte de la penicilline fournie par les mycologues Ryvarden et Høiland offre " après coup " les éléments de la découverte intervenant selon les 4 phases de la préparation, l'incubation, l'illumination et la vérification.

1. Préparation.

Alexandre Fleming travaille sur les staphylocoques et découvre l'action du lysosyme. Cette phase correspond au processus de recherche par induction-déduction.

Alexandre Fleming part en vacances après avoir ensemencé une série de cultures de staphylocoques. A son retour, il découvre autour d'une colonie de staphylocoques, une zone circulaire où les staphylocoques dépérissent. On notera l'anomalie par un signe - sous la forme :

L=Alexandre Fleming découvre dans une culture de staphylocoques une zone circulaire où les micro-organismes dépérissent.

Cette phase est bâtie sur le modèle de la métonymie:(6)

dont l'élément manquant est noté - :

 

A :Alexandre Fleming découvre dans une culture de staphylocoque une zone circulaire - où les micro-organismes dépérissent.

Où le signe - représente la cause de l'anomalie du dépérissement accidentel en zones circulaires des cultures de staphylocoqes.

 

2. Incubation.

A partir de cette anomalie observée, on peut légitimement reconstituer le questionnement d' A Flemming: quelle est la cause ( autre que le simple hasard ), de l'anomalie observée, à savoir un dépérissement à certains endroits de la culture de staphylocoques ?

3. Illumination.

A la question précédente aucune réponse ne peut être donnée par simple voie de déduction. Alexandre Fleming doit imaginer sur le modèle de la métaphore une explication

L'hypothèse lancée par Alexandre Fleming d'une contamination accidentelle par un micro-organisme se notera alors :

Un micro-organisme a contaminé la culture de staphylocoques.

Dans le cas de la découverte de la péniciline, Alexandre Flemming quitte les sentiers battus de sa recherche sur les enzymes. Une brèche s'ouvre dans son système d'expérimentation. Loin de passer outre à cette anomalie, il s'attache à colmater la brèche : l'anomalie des cultures de staphylocoques dépérissantes ( métonymie ), le pousse à trouver un nouvel élément ( métaphore ) permettant de rétablir son système d'explication expérimental. Une substance bactéricide parmi d'autres facteurs comme la température explique le déclin de la croissance des cultures de staphylocoques.

4. Vérification.

Il s'agit là de retrouver une explication plausible à l'aide des éléments connus et selon les règles épistèmologiques en vigueur dans la branche de connaissances considérée. L'enchainement de causes à effet se présente alors de la façon suivante :

Il faisait chaud dans le laboratoire et les staphylocoques se divisaient sur le milieu de culture.

La température baisse durant 9 jours et les staphylocoques cessent de croître.

Une partie des cultures est contaminée par une substance inconnue autre que le lysozyme. La contamination a lieu par la porte du laboratoire laissée ouverte et qui donne sur le laboratoire de Ch. J Latouche.

La température remonte. Les staphylocoques se multiplient partout où la substance produite par le micro-organisme contaminant s'est répandue.

Le champignon contaminant est identifié comme le Penicillium notatum.La nouvelle substance est appelée Peniciline.

La situation de la découverte

Sa nouveauté

En fait la découverte d'Alexandre Fleming reprend des propriétés bien connues de " remèdes de bonnes femmes ". Depuis bien longtemps, en effet, dans les campagnes, des blessures ont été soignées par les plantes et en particulier par des champignons.

La nouveauté de la découverte ne se trouve pas dans les faits déjà connus mais dans le système explicatif dans lequel la science les enferme. Les " remèdes de bonnes femmes " sont plus un savoir empirique qu'une spéculation efficace sur la réalité.

L'acceptation de cette spéculation par la médecine dura en fait quelques douze ans. Comme on le sait, ce sont deux chercheurs d'Oxford Howard Florey et Ernst Boris Chain qui firent sortir de l'ombre les publications d' Alexandre Fleming de 1929, 1932 et 1936. La deuxième guerre mondiale faisait naître le besoin d'antibiotiques puissants : les tests sur des souris, des staphylocoques et la penicilline ouvrirent ensuite la voie aux succés thérapeutiques que l'on sait.

Le rôle du hasard

Que Ch. J Latouche n'aie pas utilisé de hote absorbante ou bien qu'Alexandre Fleming n'aie pas pu ouvrir ses fenêtres et par là aie dû laisser la porte de son laboratoire ouverte semble être un heureux hasard qui a permis la découverte. A y regarder de près cependant, ce hasard est convergence d'une série de faits. Mais bien des portes ont été laissées ouvertes dans bien des laboratoires bactériologiques sans pour autant que la Penicilline ait été découverte. Car cet agencement de l'expérience serait passé inaperçu (8) sans la perspicacité et l'état d'esprit d' Alexandre Fleming

. Or cette faculté à interprèter les signes apparemment alétoires est à proprement parler activité scientifique

Vue de l'extérieur, elle est désir de connaître satisfait par agencement d'éléments imaginaires sous forme de signes explicatifs.

Références bibliographiques

1.- D'une façon imagée, on peut dire qu'on ne découvre pas l'électricité en perfectionnant la bougie.

2.- Leif Ryvarden, Klaus Høiland, Er det liv, er det sopp ! Landbrksforlaget, Oslo, 1998. P 78-80. (Trad J.F Doucet)

(3) [Kauffman, G. B. (1990), Oops ... Eureka! Serendipity and Scientific Discovery, 1991

(4)Yearbook of Science and the Future, (C) 1990 Encyclopaedia Britannica. Chicago.

224-240. See also 255.]

(5) John Hamilton, Sir Alexander Fleming, Broaside Books Ltd, London, 1990. P 79

(6) Jacques Lacan, Le Seminaire. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Seuil, Paris. 1973. p 239.

On sait que, pour la psychanalyse lacanienne, le désir est une métonymie et le symptôme une métaphore.

(7) Traduction de l'introduction de la première publication de Fleming sur la péniciline , in: Leif Ryvarden, Klaus Høiland, Er det liv, er det sopp ! Landbruksforlaget, Oslo, 1998. P 80-82. (Trad J.F Doucet)

(8) . Voir Rene Major, Sujet du désir et sujet de l'inconscientt. Aubier, Paris, 1984. p 22.

 

 

Culture de Penicilium notatum

 

Culture dans une boîte de Pétri