|
Gutenberg,(env.1400-1468) orfèvre
de son métier n'a, semble-t-il, pas utlisé les xylographes
mais les cartes à jouer lors de son invention de la typographie.
Il écrit à un frères cordelier(1):
"Vous avez vu comme moi des
cartes à jouer et des images de saints ... Ces cartes et ces
images sont gravées sur de petites
pièces de bois, et sous les images on grave aussi des mots et
des lignes entières ...On applique sur la gravure une encre épaisse;
et là-dessus, on place une feuille de papier légèrement
humide; ensuite on frotte et on frotte ce papier, cette encre, ce bois,
jusqu'à ce que le dos du papier soit bien poli. On enlève
alors le papier et on y voit l' image exactement comme si le dessin
avait été
tracé dessus, et les mots comme
s'il y avaient été
écrits.()
Eh bien, ce que l' on a fait pour quelques mots et quelques lignes,
il faut que j' arrive à le faire pour de grande page d'écriture,
de grandes feuilles entièrement couvertes des deux cotés,
pour des livres entiers, pour le premier de tous les livres, la Bible
... "
Dans la lettre suivante, Gutenberg cherche
un procédé
moins laborieux que le découpage des
lettres de bois:
Toute pièce, toute médaille
commence par un poinçon ...
Il décrit ensuite l'
utilisation des poinçons par les graveurs pour la fonte des médailles
et des monnaies. Il eut l'idée dès 1447 de les utiliser
comme caractéres mobiles laissant leur traces d'encre sur du papier.
Elles ne proviennent plus de plaques de reproduction de textes, utilisables
une fois seulement. Elles sont le produit d'une composition d'unités
à usage multiple. Par ce procédé, leur dissémination
en est d'autant améliorée. Les phases de cette invention
peuvent se résumer de la manière suivante : Les poinçons pressent
des figures sur un moule. Du métal est fondu
dans le moule. Des figures sont inscrites
sur monaies et médailles. Si l'on remplace les moules
de fonderie par du papier, on obtient : un moule = du papier. Les poinçons pressent
des figures sur un moule. Les poinçons pressent
des figures sur=du papier. Moyennant quelques légères
modifications, les poinçons d'orfèvres deviendront des caractères
mobiles d'imprimerie. Notons les légères
modifications par un signe -analogue à celui utilisé pour
indiquer l'élement manquant de la métonymie:. Les poinçons -
pressent des figures sur du papier. Ces poinçons dont l'usage
est connu en orfèvrerie, transposés dans le domaine de l'imprimerie
prennent le nom de caractères mobiles. poinçons=caractères.
Combler l'espace vide représenté par - revient à
écrire: Les poinçons-=caractères
pressent des figures sur du papier. Quant au frottement
des caractères mobiles sur du papier à la manière
de l'impression des cartes à jouer, il sera remplacé par
la presse à vin. Gutenberg écrit : J' ai pris part
au vendanges. J' ai regardé couler le vin et remontant de l'
effet à la cause, j' ai étudié la force de cette
presse à laquelle rien ne résiste.
Est-ce l'origine
de la presse utilisée par Johannes Genfleisch zum Gutenberg ?
En tous cas, s'il ne peut pas historiquement être considéré
comme l'inventeur de l'imprimerie, il a eu le mérite d'avoir
fait la synthèse de plusieurs techniques, telles la création
d'un alliage au lieu de bois pour la fabrication de caractères
mobiles et multipliables par moulage, la mise au point de la presse
à vis et de l'encre grasse à base d'huile de lin et de
suie de résineux. On a là l' exemple d' un double transfert
de technologie qui amène la révolution que l' on sait. (1) Extrait de " L'Histoire
de l' imprimerie par les monuments " de Höfer (1840) cité
par A. Koestler, dans "Le Cri d' Archimède " et aimablement
communique par P Dubois mentionnant que l'ouvrage de Höffer cité
par Koestler a, selon Bechtel, toute chance d'être apocryphe. Liens : http://membres.tripod.fr/Gutenberg/sommaire.html http://frcom.com/FC/Offset_hist.htm
|