On ne découvre pas l' électricité en améliorant la bougie

 

Participez au Forum
"Brainstorming en ligne"
Exprimez vous sur "Novum corpus"
Weblog

Présentation

Processus

 

Questionnements

Téléchargements

Glossaire

Notations

Citations

(Sur CDS/ISIS/UNESCO)

 

Liens

Altschul|Accueil|Edison

A quelque chose malheur est excellent !

 

Louis Braille

( 1809-1852)

Agé de quelques 3 ans, Louis Braille se blesse à l'oeil avec une serpette, dans l' atelier de son père bourrelier. La plaie s'infecte et les deux yeux sont touchés. L. Braille devient alors aveugle. Malgré son lourd handicap, ses parents envoient l'enfant, à l' école du village. A la maison, son père lui apprend l'alphabet à l'aide de clous planté dans une planche de bois et développe également ses aptitudes manuelles en lui confiant la découpe de franges pour les harnais. Ses parents lui trouvent ensuite une place à l'Institution des jeunes aveugles de Paris, et y obtient un poste d'enseignant en 1828. Il invente alors un système d'écriture et de lecture par points saillants.

La valeur n'attend pas le nombre des années

Tout juste âgé de 10 ans (1819), L. Braille entre à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles à Paris, où - air du temps - se pose la question de l'écriture et de la lecture des enfants. Dès la fondation de l'Ecole par Valentin Haüy en 1785, les élèves en minorité parmi les voyants devaient s'adapter aux méthodes du plus grand nombre et écrire comme des voyants. Les ouvrages à leur intention présentaient des caractères agrandis mis en relief pour pouvoir être décryptés du bout du doigt sur une ligne. Pour une meilleure réciprocité avec les voyants, Haüy préconisait d'encrer les caractères ainsi gaufrés sur le papier appelé « relief linéaire noirci ». Les successeurs de Valentin Haüy conserve le principe du relief linéaire, mais cessent de noircir les caractères. Les débuts de la recherche d'une écriture (2) pour aveugle, comme pour tous les membres de minorités ou marginaux, posent la question de leur position dans la société.

Caractères, planche à composer et casse utlisés par Valentin Haüy pour enseigner la lecture aux jeunes aveugles ©

Deux modèles de planches à écrire conçues par Valentin Haüy avec, au centre, une planche gravée en creux pour apprendre la forme des lettres. ©

Les caractères romains sont difficiles à reconnaître au toucher et la lecture est donc extrêmement lente, même pour un élève doué.

Ecrire vite dans l'obscurité

En 1821, Charles Barbier de La Serre présente à Guillié directeur de l'Institution Royale des Jeunes Aveugles son système « d'écriture nocturne », une sorte de sténographie destinée à l'écriture rapide pour les militaires dans l'obscurité, puis « adaptée » par son inventeur à l'usage des aveugles. Ce transfert de technologie dans la situation créative peut s' écrire :

cécité = vision nocture

C. Barbier semble avoir eu besoin de tester(1) sa méthode d'écriture sur des enfants parce que, sans doute refusée par Guillié peu convaincu, il la présente pour approbation à Monseigneur de Quélen à l'Hopital de Quinze-vingts après des essais sur de jeunes aveugles.

 

Sonographie Barbier©

C'est dire que Charles Barbier de la Serre pratique avant la date le transfert de technologie du domaine militaire où il peut être avantageux de pouvoir écrire dans l'obscurité et silencieusement à celui de l'écriture pour personnes "qui ne savent pas lire, ou qui, sachant lire ne savent pas écrire et que les circonstances empècheront de l' apprendre par des procédés ordinaires"

L'esprit critique d'un inventeur

Au moment où l'Institution Royale des Jeunes Aveugles cherche une méthode fiable d' écriture, L. Braille n'a que 12 ans, mais ose exercer son esprit critique si caractéristique de l'inventivité. Il constate les défauts présentés par ce système sonographique, et présente des améliorations possibles. En effet le système « Barbier » repose sur un comptage de points, il est phonétique, ne comporte ni grammaire, ni ponctuation et n'autorise pas l'écriture des mathématiques ou de la musique. Louis Braille, élève studieux pendant la journée, se consacre à ses recherches la nuit et pendant ses vacances chez ses parents à Coupvray. En effet le système « Barbier » repose sur un comptage de points, il est phonétique, ne comporte ni grammaire, ni ponctuation et n'autorise pas l'écriture des mathématiques ou de la musique. L'analogie qui le guide s'écrit :

Sonographie = alphabet

Vision (resp. de 80 % de nos perceptions) = sens tactile

Louis Braille, élève studieux pendant la journée, se consacre à ses recherches la nuit et pendant ses vacances chez ses parents à Coupvray. Sa méthode auprès de ces camarades de classe est intuitive et pragmatique sans qu'il ait cherché une quelconque reconnaissance pour ses travaux. Les lauriers sont alors remis à l'Institution qui, en 1837 et 1834, a été primée pour l'ensemble de ses productions. Peut-on voir dans les travaux de L. Braille, une réaction à la pédagogie quasi-religieuse de l'Institution qui, préconisant un oubli de soi chez les élèves, provoque du même coup la résurgence des égoïsmes si fréquents chez les créateurs ?

Jamais mieux servi que par soi-même !

Alors que l'invention d'un procédé d'écriture aurait pu venir de l'extérieur de l'Institution, c'est au contraire de l'intérieur qu'apparait la nouveauté. Qui plus est, la découverte vient d'un de ceux qui est le plus intéressé par un système d'écriture satisfaisant. A la fin de 1824, alors qu'il n'a pas seize ans, L. Braille met au point son propre système alphabétique. Nommé professeur à 19 ans, il prend en charge dès 1828 des classes d'enseignement général et de musique pour des enfants voyants et aveugles.

Un point final à l'écriture Braille

Il rédige un « procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l'usage des aveugles et disposés pour eux », qui paraît en 1829.

Typographe Braille

Ecriture tactile actuelle

C'est le point final auquel aboutit la phase de vérification. Le « système braille » est né. Son élaboration définitive, telle qu'on l'utilise depuis plus de cent soixante dix ans, date de 1837, année où Louis Braille publie la deuxième édition de son ouvrage.

Sources :

Association Valentin Haüy

Ligue Braille

(1) La méthode Barbier en est déjà à la phase de vérification du processus créatif.

(2) De nos jours, on parlerait d'interface.