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"Les idées ne descendent pas du ciel, elles y montent " |
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Citations (Sur CDS/ISIS/UNESCO) |
Le créateur s'entoure de confidentsDans la mesure où le processus créatif, tout au moins dans ses premières phases, est de l' ordre de l' intime, de nombreux créateurs se sont entourés de confidents pour mener à bien leurs oeuvres. Ensuite, la reconnaissance sociale éventuelle de l' oeuvre pourra soutenir l'activité du créateur. Ainsi, " Les essais " dont Michel de Montaigne (1533-1592) fait paraître les deux premiers volumes en 1580 doivent beaucoup à son confident, un jeune magistrat humaniste Etienne de La Boétie qu'il rencontre en 1557 et dont la mort en 1563, à l'âge de 33 ans marquera profondement son auteur. Cherchant à expliquer la profonde amitié qui le liait à La Boétie, Montaigne aura ces mots admirables de simplicité : «Parce que c'était lui, parce que c'était moi». La rédaction des Essais, réflexion d' un homme sur lui-même est l' exemple d'un retrait narcissique caractéristique du créateur. M. de Montaigne, pour terminer son oeuvre aménage sa "Librairie" en 1571, juste au-dessus de l' entrée de sa maison forte. A 38 ans, il y fera une retraite qui deviendra quasi complète lors des quatre dernières années de sa vie. Ce soutien dans la solitude se retrouve dans la correspondance entre S. Freud et Fliess. «J'ai besoin de vous comme public », écrivait S. Freud à Fliess, un oto-rhino-laryngologiste viennois qui s'etait adressé à lui après une conférence en 1887. Leur correspondance deviendra réellement intime à partir de 1893 et permettra à S. Freud d' exprimer ses idées sur la sexualité infantile. W. Fliess jouera ainsi le rôle d'une sorte de surface de projection, un alter ego bien utile - le premier objet de transfert destinataire des tensions conflictuelles de S. Freud au cours de ses années tourmentées. Réciproquement, W. Fliess réceptif à de nombreuses idées de S. Freud apportera peu aux élaborations théoriques de S. Freud. Quoiqu'il en soit, la correspondance entre les deux savants amorcée en décembre 1887 peut être considérée comme le début de la psychanalyse.
Pissarro (Autoportrait, 1873)
L'origine d'une autre innovation mais dans le domaine de la peinture doit également beaucoup à la collaboration entre deux peintres du mouvement impressionniste, C. Pissarro et P. Cézanne. Dix ans après leur rencontre en 1862, à l' académie Suisse du Quai des Orfèvres, les deux hommes travailleront ensemble du printemps 1872 à la fin de mai 1874 d'abord à Pontoise puis à Auvers-sur-Oise où P. Cézanne a trouvé à se loger par l' entremise du Dr Gachet. Sous l'influence de C. Pissarro, P. Cézanne a éclairci sa palette et changé en petite touche son exécution jusqu'alors fougeuse. Reconnaissant l'influence de C. Pissarro, P. Cézanne s'est désigné en 1904 après la mort de son ami comme " Elève de Pissarro ".
Théo et Vincent Van Gogh Non loin de là, à Auvers-sur-Oise, les frères Van Gogh, Théo et Vincent sont inséparables. Dès 1872, Vincent entretient une correspondance avec Théo, qui dura toute sa vie. Avant de se donner la mort, le 27 juillet 1890, durant ses 70 derniers jours à Auvers-sur-Oise, il peindra environ 70 toiles, dont quelques-uns de ses plus grands chefs-d'oeuvre. Ce soutien fraternel fait, en quelque sorte, partie intégrante de l'oeuvre autant épistolaire que picturale.
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M de Montaigne (1533-1592)
E de la Boétie (1530-1563)
S. Freud
W. Fliess
P. Cézanne par C. Pissarro (Détail) . eau-forte, 1874, sur vélin fin beige.
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