Citations
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Métaphore
Lacan (1966, II, 360): La métaphore est radicalement l'effet de substitution d'un signifiant à un autre dans la chaîne, sans que rien de naturel ne le prédestine à cette fonction de phore, sinon qu'il s'agit de deux signifiants, comme tels réductibles à une opposition phonématique
Lacan (1966, I, 504): L'étincelle créatrice de la métaphore ne jaillit pas de la mise en présence de deux images, c'est-à-dire de deux signifiants également actualisés. Elle jaillit entre deux signifiants dont l'un s'est substitué à l'autre en prenant sa place dans la chaîne signifiante, le signifiant occulté restant présent de sa connexion (métonymique) au reste de la chaîne. Un mot pour un autre, telle est la formule de la métaphore (...)
COHEN (1970, 21) : Toute figure, en fait, comporte un processus de décodage en deux temps, dont le premier est la perception d'une anomalie, et le second sa correction, par exploration du champ paradigmatique où se nouent les rapports de ressemblance, contiguïté, etc, grâce auxquels sera découvert un signifié susceptible de fournir à l'énoncé une interprétation sémantique acceptable. Si cette interprétation est impossible, l'énoncé sera renvoyé à l'absurde. (23 :) Tout écart exige sa propre réduction par changement de sens
ObjetSubjet
0929 Marc Guillaume : Le factuel et le normatif en ethnographie. Les différences culturelles relèvent-elles d'une description ?.
" autrui n'est ni un objet dans le champ de ma perception ni un sujet qui me perçoit: c'est d'abord une structure du champ perceptif, sans laquelle ce champ dans son ensemble ne fonctionnerait pas comme il le fait " Deleuze.
Marc-Olivier Gonseth Jacques Hainard Roland Kaehr. La différence. Musée Ethnographique de Neuchâtel, Neuchâtel,1995.p 70.
0928 Marc Guillaume : Le différent, l'autrui et l'autre.
La même tentation de définir un point de vue unique et légitime sur la diversité humaine est présente dans le champ des sciences sociales, mais cela pose à l'évidence des problèmes épistémologiques nouveaux et insurmontables, sauf à faire l'hypothèse - intenable et couramment faite - que les humains peuvent être traités comme des objets dans le champ du savoir scientifique.
Marc-Olivier Gonseth Jacques Hainard Roland Kaehr. La différence. Musée Ethnographique de Neuchâtel, Neuchâtel,1995.p 69.
0905 Francis Bailly : Le sujet et l'objet. (Ici et Ailleurs).
Le premier de ces points de vue est constitué par cette perspective commune - dont la religion occidentale se fait le véhicule et le support - selon laquelle il existe bel et bien deux mondes réels ( et non un seul ): c'est l'arrière-plan implicite nécessaire tout à la fois au christianisme et à la démarche scientifique en voie de constitution:
-Au Christianisme en ce que la fonction christique de médiation ne peut se tenir que s'il s'agit de faire communiquer un monde divin ( traduit ensuite comme spirituel ) et un monde humain ( traduit ensuite comme matériel ), chacun bien spécifié et comme " autosuffisant " que la théologie a pour mission de comprendre : seule la grâce, au fond, selon les thèmes pauliniens, permet la possibilité d'un circulation nécessaire au salut.
-La démarche scientifique en ce que l'objectivation des phénomènes qui en est une condition nécessaire, à son origine, exige que soient perçus aussi deux mondes distincts et séparés, chacun bien spécifié et délimité : celui qui contient l'objet d'étude et celui qui se rapporte au sujet qui étudie, la connaissance constituant le pont abstrait qui permet la communication de l'un à l'autre et la compréhension de l'un par l'autre. Il n'y a pas à ce niveau d'antagonisme fondamental entre représentation religieuse et représentation scientifique.
J. Feldman F. Laborie P. Trotignon Thuillier M. Armatte Schiltz F. Bailly .Le sujet et l'objet: confrontations. Editions du CNRS, Paris,1984.p 204.
0898 Francis Bailly : Sujet/Objet. Ici/Ailleurs.
La coupure sujet/objet, comme prise de conscience et comme centre organisateur d'activités humaines, fait partie des fondements de la pensée et de la civilisation occidentale, elle apparaît notamment comme condition préalable à la constitution de la science telle qu'elle a pu s'élaborer dans l'histoire et telle qu'elle se présente aujourd'hui.
M. Armatte F. Bailly S. Baruk C. Blancard-Laville J. Feldman F. Laborie Marie-Ange Schiltz .Le sujet et l'objet: confrontations.Editions du CNRS, Paris,1984.p 199.
0882 : La volonté du savant.
La connaissance objective sera alors le fruit d'une " ascèse rigoureuse " du sujet connaissant, tentant de mettre entre parenthèses son point de vue particulier pour ne retenir de l'objet que les traits appartenant strictement au domaine de l'intelligible. Ce qui apparaît comme essentiel dans cette perspective, note J Ladrière, c'est d'"instaurer un mode de connaissance indépendant de toute perspective particulière et capable dès lors de fonder un accord en principe universel ", ou encore de " délier la connaissance de toutes les formes concrètes d'insertion et d'enracinement qui constituent la subjectivité comme subjectivité.
J-f Malherbe .Le langage théologique à l'âge de la science. Lecture de Jean Ladrière.Editions du Cerf, Paris,1985.p 137.
0482 : Résurgences et dérivés de la mystique.
L'illusion peut se définir comme l'adéquation du sujet et de l'objet dans laquelle la réalisaton du désir ne fait qu'un avec la réalité. Ce qui est perçu est illusoire parce que porté par une projection qui transforme la perception en pseudo-perception et le réel en un cas particulier de l'imaginaire. En ce sens, tout projet créateur est d'abord une projection dans laquelle s'accomplit le miracle de la coïncidence du dedans et du dehors avant de subir l'épreuve de la réalité.
Sami Ali .Langue arabe et langage mystique.Gallimard, Paris,1980.No 22 p 183.
0443 Hubert Reeves : Limites et fécondité des connaissances.
M. Thom, par exemple, nous a cité Danchin qui déclare que " le réel ne parle pas ". En attendant cette phrase, je me suis tout de suite demandé: "Mais alors, qui parle ? " L'homme est-il donc irréel puisque, lui, à l'évidence, il parle ? Voilà l'un des excès caractéristiques de la dualité, de la séparation absolue de l'objet et du sujet : on y oublie que l'homme fait aussi partie de l'univers, et que sa présence doit intervenir à la fois en tant que sujet et objet.
Michel Cazenave .Sciences et symboles. Les voies de la connaissance.Albin Michel, Paris,1986.p 442.
0383 : Le nouvel esprit scientifique.
En fait, la vérité scientifique est une prédiction, mieux, une prédication. Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvelle scientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expérience dans une vérification : le monde scientifique est donc notre vérification. Au-dessus du sujet, au-delà de l'objet immédiat, la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet.
G Bachelard .La complexité essentielle de la philosophie scientifique.P.U.F., Paris,1987.p 15.
Voir : Rhéthorique, un Modèle linguistique
J. Lacan, l'éthique de la psychanalyse (27.01.1960-03.02.1960) pp 182-204
[...] à propos de la Chose, l'exemple en tous cas que vous avez développé, l'histoire du vase et du vide qui était dedans, je pose la question comme cela, est-ce que das Ding, la Chose dont il s' agit est la Chose ? Elle n'est pas au départ, puisque la sublimation vas nous y mener. Dans quelle mesure, cette chose, au départ n' est pas le vide justement de la chose, l' absence de la Chose, ou la non-Chose, le vide dans le pot, celui qui demande à être rempli comme vous disiez ?
Politique
EFFETS DU SIGNIFIANT ET VIOLENCE POLITIQUE
CONVERGENCIA Mouvement lacanien pour la psychanalyse freudienne Comité de liaison français COLLOQUE INTERNATIONAL les 24, 25, 26 juin 2005, à 9h30 et à 14h30 I.P.T., 83 boulevard Arago, 75014 Paris EFFETS DU SIGNIFIANT ET VIOLENCE POLITIQUE Lacan spécifie la psychanalyse d’être une pratique sans valeur, au sens où, bien conçue, elle n’entre pas dans le système du marché (cf. D’un Autre à l’autre). À nous psychanalystes d’assurer par quelles voies, si l’on peut dire, ne pas faire rentrer la psychanalyse dans cet espace. Pourtant, la psychanalyse se fonde d’une identité de structure entre l’économie politique (tablée sur la plus-value) et l’économie subjective, psychique, inconsciente (tablée sur le plus-de-jouir). Ce n’est donc sûrement pas pour des raisons de garantie que les pouvoirs publics français ont cherché à fixer les conditions de la psychanalyse et son cadre. On peut faire l’hypothèse, par contre, que le revers du libéralisme est un contrôle serré des mentalités et, derrière elles, des pratiques : le langage est mis en œuvre à des fins utilitaristes et communicationnelles qui réduisent le sujet à un individu transparent et objectivé. De ce point de vue, on comprend mieux la « nécessaire mise en ordre » de la psychanalyse en Europe ou aux Etats-Unis. Le débat entre les psychothérapies et la psychanalyse est une question de logique. Les projets du gouvernement français le démontrent. En ce sens la psychanalyse est politique. Mais elle l’est en ce qu’elle suit un fil logique (ou qu’elle se situe dans un champ logique) distinct de celui de la politique. En effet celle-ci vise à organiser, orienter, manœuvrer les masses, alors que toute cure psychanalytique est singulière. Autrement dit, dans notre culture, c’est moins le rapport du singulier au collectif, tel que le Temps logique l’induit, qui est déterminant (à distance quoi qu’il en soit de la formation des groupes), que le fait que la politique opère de façon globalisante (pour ou contre, ou selon un sens déterminé) quand la psychanalyse met au centre de sa pratique le sujet en ce qu’il participe de ce qui lui échappe et inversement (sous tous les modes de renversement qu’on veut) : rapports sujet/objet, sujet/Autre, etc. Au total, la psychanalyse et l’art ou la poésie sont les seuls modes de remise en jeu du plus-de-jouir, laquelle n’est pas nécessairement récupération subjective, quand toutes les autres activités sociales, y compris scientifiques, aboutissent à sa capitalisation mortifère. Lacan n’a cessé de le rappeler aux psychanalystes, ainsi dans « Lituraterre » : « Que le symptôme institue l’ordre dont s’avère notre politique, implique d’autre part que tout ce qui s’articule de cet ordre soit passible d’interprétation. C’est pourquoi on a bien raison de mettre la psychanalyse au chef de la politique. Et ceci pourrait n’être pas de tout repos pour ce qui de la politique a fait figure jusqu’ici, si la psychanalyse s’en avérait avertie. Il suffirait peut-être, on se dit ça sans doute, que de l’écriture nous tirions un autre parti que de tribune ou de tribunal, pour que s’y jouent d’autres paroles à nous en faire le tribut. » (J. Lacan, Autres écrits, p. 18) Qu’en dire ?
Anne-Marie Augustina Bourrelly http://effet-freudien.com ----- Original Message ----- From: convergencia To: convergencia Sent: Friday, May 27, 2005 2:39 PM Subject: Colloque International - CONVERGENCIA Mouvement lacanien pour la psychanalyse freudienne Comité de liaison français COLLOQUE INTERNATIONAL les 24, 25, 26 juin 2005, à 9h30 et à 14h30 I.P.T., 83 boulevard Arago, 75014 Paris
Pulsion
Le dedans et le dehors
Le bon et le mauvais
Dans un texte de 1915, "Pulsion et destins des pulsions", Freud décrit donc la situation d'un petit enfant en détresse qui appelle par ses cris un autre secourable, cette "Autre préhistorique" qui assure la satisfaction de ses besoins vitaux. Ils sont au nombre de trois. Freud les nomme : la faim, la respiration et, déjà posé d'emblée, le besoin sexuel.
"Plaçons - nous, écrit-il, dans la situation d'un être vivant qui se trouve dans une détresse presque totale, qui n'est pas encore orienté dans le monde et qui reçoit des excitations dans sa substance nerveuse. Cet être sera très rapidement en mesure d'effectuer une première distinction et de parvenir à une première orientation. D'une part il sentira des excitations auxquelles il se soustraire par une action musculaire (fuite) : ces excitations il les met au compte du monde extérieur ; mais d'autre part, il sentira aussi des excitations contre lesquelles une telle action demeure vaine et qui conservent, malgré cette action, le caractère de poussé constante ; Ces excitations sont le signe distinctif d'un monde intérieur, la preuve des besoins pulsionnels. La substance perceptive de l'être vivant aura ainsi acquis, dans l'efficacité de son activité musculaire, un point d'appui pour séparer un dehors et un dedans".
C'est donc avec ce repérage, dehors dedans, cautionné par l'efficacité ou non de la fuite, que Freud introduit le concept de la pulsion.
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