Traduction et créativité : une comparaison
jeudi 24 janvier 2008 par Jean-François Doucet
En première approximation, on peut cerner la description de la réalité selon les deux axes syntagmatique et paradigmatique. Une réalité nouvelle (qui n’ existe pas encore) en revanche ne peut que se concevoir sans une convention de sens dont la description s’insère dans le plan fractal défini par les axes précédents. Les opérations de traduction qui se déroulent sur l’ axe paradigmatique se trouvent également dans ce plan si l’ on tient compte de l’importance du traducteur pour le sens qu’il donne au texte original.
Axe paradigmatique et axe syntagmatique
[1] La langue est un phénomène qui se déroule dans le temps. Parler c’est prononcer une série de mots le long du fil du discours définissant une ligne appelée axe syntagmatique. Pour relier deux éléments sur l’axe syntagmatique, tenir compte de la linéarité du discours est nécessaire, soit en rapprochant les mots dans la chaîne, soit en les reliant par le mécanisme grammatical de l’accord. En même temps, le choix des éléments dans l’axe syntagmatique se fait en général élément par élément. Soient les phrases suivantes :
1.- Cette salle de classe a une porte et cinq fenêtres
2.- La salle de classe a une porte et cinq fenêtres
3.- Cette chambre a une porte et cinq fenêtres
4.- Cette salle de classe possède une porte et cinq fenêtres
Les mots écrits en caractères gras sur une ligne sont remplacés par d’ autres mots dans les lignes suivantes. L’axe des substitutions, figuration de la ligne du temps sur laquelle défile les sons de la langue parlée, s’appelle l’axe paradigmatique. Dans l’ absolu, la substitution ne laisse jamais le sens global d’ une phrase ou d’ un texte inchangé mais elle peut obéïr seulement à des contraintes grammaticales
La substitution peut laisser le sens global plus ou moins inchangé, ou bien obéïr seulement à des contraintes grammaticales puisque pour conserver son sens à une phrase on ne peut pas substituer un catégorie grammaticale à une autre ( un nom n’est pas interchangeable avec un verbe). En général, la substitution se fait un élément à la fois. Mais il arrive que le choix d’un élément détermine le choix d’autres. Dans les exemples précédents, une fois qu’on a choisit un nom féminin comme "salle de classe" ou chambre, on est obligé de choisir un article féminin comme la ou cette plutôt qu’un article masculin. Ou encore, le choix d’un sujet singulier demande le choix d’un verbe singulier. Ces sortes de contraintes de la sorte s’appellent des dépendances syntagmatiques.
Que se passe-t-il lors d’une traduction ?
Le traducteur essaie de substituer des éléments d´une langue aux éléments d´une autre langue. Il travaille donc sur l’axe des substitutions, c’est-à-dire l’axe paradigmatique. Dans l’absolu le traducteur devrait pouvoir trouver un substitut dont le sens est identique. Or l´ensemble des sens possibles d´un mot ou d´une phrase dans une langue ne recouvre pas celui d’un substitut dans une autre langue.
Les champs sémantiques différents :
Si l’on veut traduire en français , par exemple, une réalité laponne concernant la neige, on se heurtera nécessairement à la pauvreté du vocabulaire français dans ce domaine. Un lapon, pour sa part, possède plus de 50 termes pour désigner ce que le français perçoit comme neige. Evidemment, la pauvreté du vocabulaire ne rend pas impossible la traduction mais elle souligne l’obligation pour le traducteur de tenir compte du sens de la réalité exprimée . Aux axes syntagmatique et paradigmatique qui concernent les signifiants, il faut donc ajouter l’axe des signifiés. Dans une bonne traduction, cet axe des signifiés, dans l’absolu n’est jamais conservé : on dit alors que traduire, c’est trahir. A défaut de sens identique, le traducteur cherche donc un sens équivalent à un énoncé ou texte. Soit la phrase écrite écrite en français (langue 1) :
Hier, la neige était très blanche
. à traduire dans une langue 2.
Embarras sémantique du choix.
Un traducteur expérimenté essaiera de trouver pour la phrase " Hier la neige était très blanche " exprimée en français un sens non pas identique mais équivalent en lapon. Il se trouvera dans l’ embarras du choix pour trouver un substitut à " la neige " parmi les 50 termes lapons pour la désigner. Modification syntagmatique
En revanche, pour traduire cette même phase en norvégien, l’embarras du choix est considérablement réduit mais le découpage de " la neige " en deux mots n’ est pas identique puisque l’article défini est postposé en norvégien. Le défilement des mots sur l’axe syntagmatique en sera par conséquent modifié. Traduite en allemand, la phrase devra encore subir sur l’axe syntagmatique une modification. Son verbe doit, en effet, être à la deuxième place au prix d’une inversion.
Tant au niveau syntagmatique qu´au niveau paradigmatique, la traduction implique par conséquent une modification du sens [2]. Ainsi, les traducteurs sont –ils partagés entre
un respect absolu à la lettre de la langue d´origine,
une compréhension par périphrase et note privilégiant la matière sur la manière, le fond sur la forme ou l´esprit sur la lettre.
une soumission à l´intelligibilité du destinataire de la traduction.

- Traduction fidèle au sens
- Bien qu’une traduction implique des liaisons paradigmatiques, le traducteur ne cherche pas à modifier le sens d’ une langue à l’ autre
Création de sens à l’ aide d’ une convention
La réalité, si elle peut-être saisie par des mots, n’ est pas réductible à eux-seuls. En particulier, lors d’ une création, deux interlocuteurs i [3] peuvent convenir d’ un sens commun à donner à une réalité qui n’existe pas encore. Ce faisant leur création est clôturée par les mots qu’ils utilisent pour la faire exister. A cette clôture correspond la représentation (plus ou moins commune) que les 2 créateurs [4] s’ en font. C’ est ce passage de l’imagination à travers les mots décrivant une réalité nouvelle qui caractérise l’acte de création.
L’aspect fractal de la réalité
Les variations des représentations de la réalité au cours des temps sont supposées être le résultat du même processus de création. D’ un coté, des êtres humains parlent pour se mettre d’ accord sur un sens à donner à la réalité extérieure et de l’ autre, une réserve quasi-infinie de perceptions possibles de la réalité est le propre de l’imagination [5]. Cette relation peut se figurer à l’ aide d’ une fractale [6] dans la mesure où ces figures géométriques obtenues par répétition quasi-infinie d’un même motif n’ en ont pas moins un contour fini [7]. La création d’ une réalité nouvelle intervient quand les êtres humains ne parviennent plus à faire coïncider de manière adéquate leur perception de la réalité extérieure et les explications qu’ ils en donnent, c’ est-à-dire, les relations entre les différents composants de cette réalité. Ainsi, sur la ligne ou axe syntagmatique ( ligne de défilement du discours ) on dessine une fractale comme celle du Flocon de neige de von Koch.

- Flocon de Floch
- Le plan fractal de la création par l’ exemple du flocon de Floch
Les propriétés d’une fractale figurent l’expression de l’imagination (non bornée ) à l’aide d’une langue sur les axes syntagmatique et paradigmatique. Un dictionnaire également, donnant le sens d’ un mot à l’ aide d’ un autre mot contient le sens d’une définition entre ces deux axes tandis que chaque définition utilise des mots dont le sens lui-même peut être défini à l’ aide de mots et ainsi de suite ...
Recherche de liaisons paradigmatiques
Alors que toute modification de sens dans une traduction est inévitable mais indésirable, au contraire, au cours du processus créatif les changements sont recherchés. [8] A partir d’ un objet insatisfaisant, le créateur utilise 2 propriétés de l’ esprit humain, à savoir la connectivité et la comparativité, pour trouver d’ autres objets plus satisfaisants. Les mots qu’il énonce pour décrire cet objet se situent dans une première phase sur l’ axe syntagmatique tandis que ses associations sont reliées paradigmatiquement aux objets qu’il imagine.
Imaginons un marcheur pressé par le temps. Il pourra dire (sur l’ axe syntagmatique) : "Je n’ arriverais pas à temps" S’il sa crainte d’ arriver en retard mobilise les ressources de son imagination, il pourra alors dire ( sur l’ axe syntagmatique)
"J’irais plus vite à vélo"
Son esprit alors pourra associer une bicyclette avec tous les moyens de transport. Il dira alors ( sur l’ axe paradigmatique )en substituant à vélo les moyens de transport qu’ il imagine :
"j’irais plus vite en voiture"
"j’irais plus vite en avion"
"j’irais plus vite en ski"
"j’irais plus vite à moto"
Sa préoccupation n’ est pas, comme lors d’ une traduction, de conserver le sens d’ un énoncé d’une langue à l’ autre mais de trouver par substitution un objet apportant satisfaction.

- Recherche de liaisons paradigmatique
- A partir de la marche, un homme imagine d’ autres moyens de transport
En d’ autres termes, la traduction enferme le traducteur dans le carcan des mots alors que la création cherche à affranchir le créateur des limites imposées par les mots.
Recherche de nouvelles relations R.
Plus généralement, un créateur jugeant insatisfaisant un signifié S1 lui associera les signifiants Sn 1, 2, 3.. Sn appartenant à différents domaines D1, D2, D3... Dn à l’ intérieur ou non d’ une même communauté linguistique. Par connectivité, le créateur établira une relation R entre les signifiés 1 et 2. Par comparativité, il extraira une propriété commune aux deux signifiés (dans l’ exemple ci-dessus, le transport plus rapide que la marche à pied ). Les relations R sont fonctions du domaine d’ activité du créateur.
Le savant recherchera le plus souvent des relations R de cause à effet
Les artistes cherchant un nouveau mode d’expression s’attachera à modifier la forme
Les inventeurs exploreront par ce procédé les objet techniques don’t la fonction est plus satisfaisante.
Comme la traduction, la création opère par transfert d’ un objet d’un domaine à un autre. Mais dans le cas de la traduction, ce transfert au cours duquel le sens subit des modifications, se limite à une communauté linguistique.
Au contraire du traducteur s’appuyant sur ce qu’il comprend d’un signifié donné pour le traduire à l’ aide de signifiants d’ une autre langue, le créateur utilise ce signifié insatisfaisant pour, le plus souvent à l’ intérieur d’ une même langue, imaginer des signifiés plus satisfaisants pour les soumettre aux critères qu’ il s’ est donné pour valider son innovation.
[1] Cours donné à "Queens University at Kingston Departement d’études francaise"
[2] Traduttore, tradittore, en italien
[3] maginaires ou non, désignés par autrui ou généralement par Autre dans la théorie lacanienne.
[4] Remarquons qu’ils ne peuvent pas faire fi des mots pour communiquer les représentations qu’ils se font de la réalité
[5] Le lecteur averti remarquera sans peine l’ allusion aux 3 ordres lacanien de l’Imaginaire et du Symbolique (le Réel différent de la réalité ordinaire restant l’impensable)
[6] Dans la nature les figures fractales sont nombreuses : choux-fleurs dont les formes se répètent, cotes de Bretagne citées par Mandelbrot au cours de ses recherches sur les fractales. Dans la vie quotidienne, on retrouve cette structure répétitive sur les boîtes de vache-qui-rit dont l’étiquette porte elle-même une vache à l’ oreille de laquelle est pendue une boite de vache-qui-rit et ainsi de suite.
[7] La récursivité est un caractères commun aux langues et aux fractales obtenue par itération semblable à l’ emboîtement récursif des éléments d’ une phrase
[8] La création est , en effet, pour A. Gaydon, affaire de" franchissement entre le signifiant et le signifié " in "Lacan et la poésie, Mémoire de DEA, Concepts et clinique, Université de Paris VIII-Saint Denis, 2003-2004.
Jean-François Doucet
Articles de cet auteur
Forum
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Traduction et créativité : une comparaison4 janvier 2010, par Margarita
C’est tout une aventure, oui, la traduction…
Lire (pour ses références) Lacan, par exemple, d’ autres langues et cul-tures comme dit D., nous emmène vers l’histoire, l’histoire des temps, des gens et les pensés d’un moment et d’une période de l’être humain. On voyage donc par tout…. !
Et sans y aller, c’est impossible le lire… j’essaye de transmettre cela à « bitacora Lacan », []
Cela, tu le dis très bellement… ! autour de « Hier, la neige était très blanche”, car quand on traduit, on va dedans ses mots là où il y a quelque chose que n’a été pas nommé !... c’est comme interpréter la musique d’un autre musicien, pour les musiciens… !
Jamais la partition va avoir le même son que celui voulu par son auteur, mais non plus pour l’auteur…. S’il la prononce (ou l’interprète) à nouveau, ce n’est pas la même, c’est une autre partition …. Il aura un autre son, un nouveau…. !
La traduction va aider dans les autres langues, aux gens, à se penser [], de façon diverse, et à se re-créer… ! aussi que…. Le texte de l’auteur va aller au-delà de soi !, car dans les autres langues, les autres cultures, l’expérience, par exemple de la neige ici, est répandue… ! Peu importe de ne pas l’avoir vécue, la neige, l’important est que… les autres ceux qui l’ont vécue, transmettent quelque chose d’autre au-delà de la neige même…, l’humaine… je pense… en face d’une très belle expérience… ! on peut s’inventer donc sa propre neige…. Non ? comme chez vous et faire les bonhommes… ! et jouer avec les autres… !
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Traduction et créativité : une comparaison30 décembre 2009, par JBB
"...en même temps il me semble que ce que dit M. en état de traductrice, c’est qu’à ce moment son effet de traduction n’exclut nullement la créativité. Elle se situe même comme analysante au moment même où elle est dans ce processus de traduction. Pourtant créativité et traduction semblent être presque opposées dans votre article . Il me semble que le "traducteur selon le contexte" est dans une créativité comparable au traducteur littéral. Cette idée d’être analysante dans le processus du passage d’une langue à une autre au sein même des textes psychanalytiques mérite notre plus haute attention.. Ce processus de "durcharbeiten" ( se frayer un chemin) dans la coupure me semble vraiment très intéressant
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Traduction et créativité : une comparaison30 décembre 2009, par Jean-François Doucet
Vous écrivez :
JBB.- en même temps il me semble que ce que dit M ..., c’est qu’en traduisant, sa traduction n’exclut nullement la créativité.
JFD.-Si j’ai distingué traduction et créativité en les opposant, j’aurais peut-être dû préciser que ces 2 fonctions utilisant les ressources du langage humain (et donc se cantonnant à l’ordre Symbolique lacanien ) ne peuvent pas se passer de faire appel au signifié (et donc de l’ordre imaginaire). D’ailleurs, il ne serait pas difficile de trouver les références des textes où J. Lacan précise, à l’aide de bouts de ficelle et de noeuds borroméens, que ces 3 ordres sont indissociables .
L’expérience que j’ai eu quelques fois de la traduction m’a convaincu d’autre part que le traducteur s’efforce à partir d’une langue source de "pivoter" vers une langue cible en s’appuyant sur le sens de ce qu’il traduit en tenant compte, bien évidemment, et de la lettre de la langue source et de la langue cible. Je ne pense pas être bien loin de ce que Mr Luciani nous a indiqué lorsqu’il mentionnait les principes qu’il avait appris de son école de traduction. Les nombreuses pauses accordées aux interprètes dans les cabines de traduction simultanée autant que le nombre des verres d’eau désaltérant les professionnels de l’exercice prouveraient, s’il en était besoin, à quel point ce pivotement de l’esprit est exigeant.
En tous cas, ce mouvement de pivot de ce que, pour faire vite et simple, j’appelle l’esprit humain se retrouve dans la position de l’analysant telle que mes souvenirs m’en rappellent les caractèristiques. A la différence de la traduction, ce mouvement de pivot s’opère non plus en s’appuyant sur le sens devenant plus ou moins mouvant -comme sur du sable- mais en s’arqueboutant sur les sons des mots associés librement. Dans notre groupe de discussion, une belle illustration de cette valse des mots nous est souvent donnée par D. dont le texte virevolte de mots en mots, nous livrant une sorte de texte en dentelle fabriquée par glissement phonologique d’un mot à l’autre (opération très économe d’énergie que les femmes que j’ai rencontrées en milieu hospitalier pratiquent pour s’activer en "papotant"). A la lecture, ces chaînes de mots conservent assez de cohérence pour titiller notre (mon) attention tout en laissant filer le sens à demi-intelligible. Le texte fascine sans dire beaucoup de son auteure. De ce point de vue, si l’association libre est le travail au crochet d’une dentelière, celui de la traductrice est celui de la teinturière qui, bout par bout, modifie la couleur d’une étoffe (=texte). On retrouve d’autre part ce mouvement de pivot de l’esprit humain dans l’esprit du créateur sans qu’il tienne en respect l’ordre imaginaire. Au contraire de la traduction se cantonnant à l’ordre symbolique comme à un carcan doré et de l’association libre entrainant dans la danse des signifiants les signifiés correspondant, le pivotement de l’esprit en création se centre sur une caractéristique (comme la forme ou la fonction ) attribuée à un objet provoquant la frustration.
Dans un article publié en son temps dans une revue de l’Unesco, j’avais pris l’exemple du chausse-pied qui me manquait dans l’entrée de mon appartement dont j’extrayais la fonction par l’imagination pour me saisir du dos d’une cuillère qui me permettait de faire coulisser mon talon dans le contrefort de la chaussure. Les spécialistes de la revue qui présentaient mon exemple illustrant la manière dont la langue est utilisée par le créateur pour pivoter d’un domaine à un autre, rétorquaient que si les mots nous ouvraient les yeux sur la réalité extérieure, ils nous obscurcissaient la vue également. Aveugles sans mots, leur aide nous aurait rendus borgnes. Et pour preuve, ils citaient l’exemple de la gomme dont la fonction d’effacer en enlevant l’encre fautive du papier pour laisser un espace blanc où ré-écrire avait retarder l’invention du liquide effaceur qui recouvrait le texte fautif d’une pellicule sur laquelle ré-écrire. Au moins pour une part, la création exige de son auteur de se libérer à la fois du carcan des mots et de ne pas se tenir sur la crête du déroulement du discours pour, au contraire, profiter de l’entrainement des signifiés par les signifants pour délibérément s’engager dans cet espace imaginaire où se trouve une nouvelle représentation plus satisfaisante de la réalité devenue frustrante. Quoiqu’il en soit, le mouvement autour d’un pivot - mens agitat molem - se retrouve également dans la création aussi bien que dans la traduction ou l’analyse. Aux analogies, d’ailleurs, sorte de règles de trois de la création, un nom a été donné par les rhétoriciens : c’est le "tertium comparationis" qui est en quelque sorte, le gond de la comparaison. Sinon, je suis parfaitement d’accord avec vous que, "cette idée d’être analysante dans le processus du passsage d’une langue à une autre au sein même des textes psychanalytiques mérite notre plus haute attention.." un peu à la suite de B. Latour assimile la recherche scientifique à une traduction.
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Comment crée-t-on ?
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