Les mots sont jetés comme les dés après la cognée !
mercredi 30 avril 2008, par Jean-François Doucet
Toutes les versions de cet article :
( Extrait d’un courriel à un cyberami )
...Oui, je suis d’ accord avec vous, il s’ agit de VERIFIER ! Evidemment si vous prenez les mathèmes lacaniens pour des dogmes, vous confondez les cailloux du petit-poucet et le petit-poucet lui-même. Enfin, c’ est de cette manière que je considère les mathèmes de J. Lacan, plus généralement comme les citations ou les proverbes populaires pleins de sagesse.
Ce sont des mots-cailloux, organisations signifiantes, comme les cailloux qu’ on lance dans une mare pour faire des ricochets, ils font des ronds un peu partout, 2 ou 3 ou même 4 ricochets qui font sens. Alors le petit-poucet a semé un caillou, exprimé une organisation signifiante, une vérité, et moi, je ramasse, yeute chaque pierre et scrute le sens. Si le sens que JE donne et moi seul - ah que la solitude est belle ! - me convient avec tous les éléments à portée de main - critères d’ évaluation, croyances, expériences précédentes, résultats concrets enfin tout le bois que je peux me mettre sous la main pour me chauffer, à force, j’ arrive à savoir de quel bois je me chauffe, eh bien je me dis, et moi seul, bon, je tiens ca pour vrai. Yd’la subjectivité là-dedans, ydl’a croyance, parce que je n’oublie pas que je suis soumis après avoir lu B. Muldworf aux contraintes du langage et de la croyance, y’ ad’la joie, yadl’a peine, de l’ écrit et de l’ oral, enfin tous les ingrédients de la connaissance,ya même de l’inconscient forcément puisque je suis passé par le cabinet d’une analyste pour expériencer le transfert, et je me dis, tout bien pesé, c’ est ok, l’inconscient qui me décentre à la Copernic moi qui croyais dur comme fer que j’étais maître dans ma demeure, eh bein, c’ est loupé, ya l’inconscient qui fait des siennes à mon insu. Maintenant quelque soit le petit-poucet, les Grands Hommes, les Matuvus, les Prophètes, les Marchands de Sables et d’Illusions, eh bien, il est en mon pouvoir de dire, ce caillou-là, ne colle pas pour moi-même si, chimiquement parlant, je tiens pour vrai que mon petit moi-bien-chéri-à-moi n’ est qu’un précipité d’identifications, comme vous dites, des gens qui ont compté pour ma pomme. Bon, je vais pas le crier sur tous les toits que ca colle pas pour ma poire, j’ ai trop lu dans l’ histoire des sciences les malheurs qui sont arrivés à ceux qui voulaient avoir raison contre tous et je ne me souhaite ni malheur ni calvaire, ni cauchemar, alors je suis prudent avec la masse des gens qui connaissent LA Vérité, je me dis qu’ils ont bien de la chance de la connaître cette Vérité en barre, parce que moi, je m’ échine depuis pas mal d’ années à la formuler pour ma pomme, déjà, ca me demande des efforts de me dépatouiller dans le champ des possibles, alors formuler la vérité pour les autres, disons y’ a des gens - dont vous - dont je me sens proche, entendons-nous bien, nous avons des points communs pour l’ appréhension de ce qui est vrai du coté de la topologie catégorie dans laquelle JS a classé mes organisations signifiantes. Je dis bien du coté de la topologie, et pas la topologie-en-elle-même comme science constituée, je ne la connais même pas, mais j’ai livré à son groupe des organisations signifiantes qui me paraissent vraies et JS a mis ca sous la rubrique TOPOLOGIE, pourquoi pas, je vais pas chipoter sur la case dans laquelle il a rangé mon paquet d’ organisations signifiantes. Nous avons donc, tout bien pesé, nous avons des points communs, bon, je m’ en réjouis, et pour les points qui ne sont pas communs, bein c’ est inévitable puisqu’ on ne peut pas être d’ accord sur tout, puisque, comme écrirait J. Lacan, encore lui et une de ses organisations signifiantes que je tiens pour vraie, on n’ est pas tout, on ne sait pas tout, j’ voudrais bien tout savoir, c’ est mon péché mignon, mais ca fait plus d’un demi-siècle que je m’ évertue à essayer de savoir, ca m’a donné des grandes joies, mais aussi des grandes peines, l’un n’ allant pas sans l’ autre, et tout bien pesé, c’ est OK comme la vie.
Dès fois, j’ ai cru que je savais et je me suis gouré, alors " diabolicum perseverare " comme diraient les anciens, c’ était un petit caillou qui m’ avait induit, conduit, et enduit dans l’ erreur, une gourance quoi ! heureusement que je m’ en suis apercu, rebroussé chemin jusqu’ au statu quo ante, ca ne veut pas dire que le petit-poucet était pis que pendre, y a longtemps qu’il avait semé ses
cailloux-organisations-signifiantes qui-clôture-mon-champ-des-possibles,
et il me revenait à moi et à moi-seul d’être assez perspicace pour me faire mon petit enclos perso de
cailloux-organisations-signifiantes-qui-clôture-mon-champ-des-possibles
et de ne pas prendre les "vérités prêtes-à-porter " pour des vérités en barre avec code du même métal, comme on prend des vessies pour des lanternes magiques tout en gardant à l’ esprit que mon enclos, champs des possibles, en définitive, est vide de sens et que c’ est moi qui le donne le sens et que le pire, c’ est l’ absurde hors champ-des-possibles, dans lequel j’ ai fait quelques fois des petits tours et puis s’ en vont, pas chaud pour y retourner tellement c’est froid.
Maintenant les coups d’ encensoir dont vous parlez, ayant été enfant de choeur dans ma jeunesse, je sais les donner, mettre le charbon à brûler dans l’ encensoir, tendre l’ encens au prêtre, qu’il en mette 2 cuillerées dans l’encensoir dont j’aurais ouvert le couvercle du haut eh oui et oui, c’ est pas si compliqué que ca d’être thuriféraire, 3 coups en haut, 2 coups en bas, déjà vous avez une bouffée pour vos narines que vous en prenez pleins les trous d’nez pour pas un rond, et ca répand dans l’ église de la fumée qui sent bon, c’ est pas désagréable du tout, ca fait partie de l’ atmosphère, bon, c’était mathématiquement parlant 62-7 ans=55 ans bon mettons un bon demi-siècle dans la balance que j’ ai manipulé l’ encensoir, voui comme vous diriez, j’étais thuriféraire pour la très simple raison que je ne savais pas quoi faire pendant les offices, les grandes orgues mises à part qui m’envoyaient en l’air, mais maintenant, un demi-siècle après, y’a belle lurette que j’ encense pu n’importe qui n’importe quand et à tout bout de champ.
Ca n’empèche pas que j’ ai pas mal d’ estime pour certains petit-poucets qui ont jalonné un chemin possible avant moi, pour certains dont J. Lacan dont je pèse et sous pèse les petits cailloux à chaque fois que j’en capte un. Yapas que lui, et il n’ a pas écrit ni dit la vérité en barre et je ne l’ai pas connu, seulement entendu parlé de la réputation que lui faisaient les milieux parisiens de son vivant et je n’ai eu le temps de lire ses bouquins qu’une fois arrivé en Norvège un peu en retrait de la vie agitée de la capitale puisque soupeser les organisations signifiantes à chaque petit caillou, ca prend du temps forcément. Tout cela pour dire que je vous soutiens, je suis d accord avec vous qu’ il faut retrousser ses manches pour examiner chaque mathème au crible de sa logique, c’ est assez cartésien, scusez-moi pour Descartes, je n’ y peux rien, y en qui aiment pas notre philosophe national, mais je suis d’ accord avec vous qu’il faut éviter le prêt à penser, on peut bien sûr, mais après faut payer la facture de la dette symbolique ainsi contractée, y a pas de prêt à penser gratuit, tôt ou tard faudra payer, alors autant se faire du sur mesure -susurre de saussure de l’ archiduchesse étant sèche doit savoir, soit dit en passant, chasser sans son chien - et dans le domaine de la pensée laisser le prêt-à-penser au supermarché, au Mamouth du coin quoi !. Une petite boutique me suffit tant j’ ai appris que dans les supermarchés de la pensée yavait du bon-marché qui était plus cher que le hors-de-prix gratuit. Seulement voilà, faut retrousser ses manches une fois sorti de l’ église de la paroisse avec obligation d’ encenser les grands prêtres, seulement voilà, retrousser ses manches, après, faut savoir s’ abaisser jusqu’ à terre pour ramasser les petits cailloux des petits poucets qui ont fait le chemin avant. Et se baisser pour ramasser les petits cailloux, ca risque de faire des courbatures dans le bas du dos, mais bon an mal an, les courbatures valent mieux que les courbettes du thuriféraire des grands prêtres, car se courber active la circulation du sang dans les veines, - je suis bien payé pour le savoir - ca irrigue le corps, le conserve souple, combat la rigidité y compris psychique par l’entremise de la très neuve psychosomatique, en définitive, vaut mieux se courber pour s ’ activer jusqu’ à la moëlle des rognons que de confondre en courbettes de componction qui font mal dans les reins. Enfin, je vous l’ écris comme je le pense puisque c’ est mon avis et que je le partage forcément.
Mais vous avez compris dans tout mon boniment, - rassurez-vous, j’ ai rien à vendre -, qu’il y avait une option sur les signifiants de mes organisations signifiantes. Dans votre prêt-à-penser des supermarchés modernes de la pensée, y a une hypothèse qui s’ est glissée qu’ on pouvait adopter à bas prix des tas de vérités en barre pour pas un rond - semble-t-il, car pure illusion comme je vous l’ ai expliqué plus haut- alors que le cousu main fait maison au fil des signifiants, c’ est mieux mais hors de prix, cousu de fils blancs, que vous me l’ avez déjà dit, qu’ une condition pour la couture, c’ est d’ utiliser des mots à 2 faces, une face pour l’ auteur, une autre pour le lecteur, le petit caillou du petit-poucet à 2 faces, sa provenance d’ un auteur
comme J. Lacan, et vous ou moins ou tout un chacun qui veut essayer de lire et de comprendre. 2 faces comme le scotch double faces, ca colle à l’ un et à l’ autre, faut 2 versants pour faire un monde et un troisième pour le faire-savoir, mais c’ est une autre paire de manche. Les supermarchés de la modernité avec Internet fonctionne avec du scotch simple face, scotch magique, magic tape, mais 1 face et une seule, c’ est là où le bât blesse - ou les bas "bless you " ouh ouh - que vous devez gober le scotch simple face, le signifiant qu’ on dévore des yeux, comme un livre, c’ est à prendre ou à laisser, faut que vous gobiez, yapasd’pétard, et pas vous plaindre pour le prix, ya pas de réclamation possible dans le service après-vente du prèt à penser moderne. Ca vous paraît pas cher le prêt-à-penser, mais c’ est même pas hors de prix qui serait une garantie d’ être en dehors des limites de l’ épure, hors de l’offre et de la demande selon les lois du marché, vous êtes au prêt-à-penser de la pensée, mais d’ un prix exorbitant eu égard au rapport qualité-prix. Vous voulez obtenir à bas prix du scotch simple face, mais ce qui est gratuit-hors-de-prix, c’ est du scotch double-face. Le signifiant qui se trouve entre 2 eaux, entre l’ auteur et le lecteur qui permet d’ élaborer un sens de part et d autre de la ligne de démarcation jalonnée de cailloux. J’ espère être compris mais ce n’ est pas certain. Faut savoir ce qu’ on veut ! Encore un petit caillou du "Che vuoi " chez J. Lacan pour ne pas nommer mes sources.
Pour être sûr et certain de me faire comprendre, je vais vous donner un exemple d’examen en haute-couture de ce qui pourrait être du prêt à penser clef- en-mains tout récemment. Vous ne le savez peut-être pas, mais j’ ai longtemps été préoccupé par le schéma émetteur-récepteur des Sciences de l’ Information et ca fait des années que ca me turlupine la touffe comme vous dites yoyoter du cuir chevelu. J’étais arrivé à quelques conclusions élémentaires, qu’ un locuteur emprunte à la langue ses signifiants pour causer, il croit naïvement que les mots lui appartiennent eh bien manque de chance, les mots, c’est comme le soleil ou le ciel, ca appartient à tout le monde. Ensuite, je me suis mis à développer cette histoire de signifiants double-face dans un article que je vous ai communiqué en son temps mais, je le comprends, vous n’ avez certainement eu le temps de le lire, en ayant même lancé un terme, au lieu de l’ information celui d’ in(ter)formation pour signifier que l’ important, c’ était pas quelque chose appartenant à l’un ou à l’ autre de l’ auteur ou de l’ auditeur, mais ce qui se passe entre les deux. Vous voyez déjà les théories cybernétiques de Shannon pas mal contestées mais tout récemment je viens de découvrir que c’était pas encore ca, y avait quelque chose qui collait toujours pas dans le schéma émetteur- récepteur, c’était mon idée bien naïve que j’ enrobais ma pensée de signifiants, que j’ allais puiser dans le trésor de la langue commune des mots, que je les agencais je ne sais trop comment en faisant un tri entre le norvégien et le francais et l’anglais, enfin mon appareil à penser, je le supposais, avait des aiguillages pour pas s’ emméler les crayons entre les 3 langues pour tout mettre dans l’ ordre en tenant compte des 3 grammaires qui sont voisines mais tout de même avec des retouches de détails de l’ une à l’ autre, enfin, pour moi, c’était encore un mystère comment j’ arrivais à ne pas (trop) dérailler ni (trop) me fourvoyer dans les voies de garage. Bein, je viens de lire récemment que, cet habillage de la pensée, c’est pas comme ca que ca fonctionne, on parle et la pensée, s’ habille après, comme si on croit sortir tout habillé dans la rue, mais en fait, on sort à poil pour enfiler ses mots après comme on enfile un collier de perles. D’accord, j’en avais eu l’intuition en me rendant compte de l’ importance des discussions pour éclaircir les idées que je n’ ai pas claires quelques fois, croyant mordicus, que "ce qui se concoit bien s’énonce clairement " qu’il faudrait pour être tout à fait exact inverser en " ce qui s’énonce, se concoit après-coup clairement " mais bon, inverser la vapeur, c’ est pas nécessairement arrêter la locomotive ! Eh bien, ce petit-caillou de petit-poucet, je me l’ inverse pour en faire une vérité à moi. Maintenant, que d’autres Maîtres-à-panser, continuent de penser qu’on habille sa pensée avec des mots qui leur appartiennent, je n’y vois pas d’inconvénient, sinon que moi, je n’y crois pas (plus).
bien cordialement
Jean-francois Doucet