L’homme invente en coordonnant les fonctions présentes dans le règne animal
mardi 5 février 2008 par Jean-François Doucet
Qui ne s’est pas étonné devant des nombreuses variations des activités humaines ? Non seulement dans le temps, des arcs et flèches du néolithique au techniques modernes les plus sophistiquées mais encore dans l’ espace, des aborigènes de Taïwan aux astronautes se préparant à aller sur Mars, bien des manières d’ appréhender l’ environnement ont été pratiquées par Homo sapiens. Qui plus est, les proto-cultures d’espèces animales ont pu être découvertes. Hommes et certains animaux ont en communs d’ avoir une représentation de l’ environnement et donc de pouvoir le maitriser. L’ homme moderne ne semble pas seulement régner sur son environnement mais est en passe de le produire à sa mesure passant ainsi d’une Nature donnée à la création d’ une Techno-nature. C’ est dire que d’ une utilisation habile des ressources naturelles, l’homme est passé à la génération complète d’un monde extérieur. Un tel développement ne peut pas s’ expliquer par la seule interaction des humains entre eux : les êtres vivants comme les abeilles échangent également des signes pour coordonner leurs fonction particulières sans développer une grande diversité culturelle. Cette dernière est due à une conjugaison spécifique de fonctions usuelles (vision et langue permettent la lecture, par exemple ) présentes séparément chez les animaux.
L’homme, émergeant du groupe des primates, se distingue du règne animal par un ensemble de caractéres. A y regarder de près, plus d’ une études récentes rendent inadéquates les critères de cette distinction. C’ est à se demander si les êtres humains ne peuvent plus voir en leurs compagnons du règne animal leur origine.
L’homme, c’ est l’ outil ! oui, mais ...
A la fin des années 1960, Jane Goodall découvre en Tanzanie que le chimpanzé utilise des outils, notamment des baguettes pour pêcher les termites ou attraper les fourmis.

- Les Chimpanzés fabriquent des outils
- Les chimpanzés sont capables d’ effeuiller des branches pour manger des termites
L’outil n’est plus le propre de l’homme ! De plus, au sein de la même espèce, les outils, aboutissement d’une innovation (puisqu’il faut un début à tout événement ) peuvent varier selon les groupes. Christophe et Hedwige Boesch observent, eux, que dans la forêt de Taï, en Côte d’Ivoire, les chimpanzés se servent de marteaux de pierre et d’enclumes constituées d’un rocher plat pour casser de grosses noix de panda ! Elles se trouvent un peu partout dans la forêt, mais seuls certains chimpanzés de Taï utilisent la technique du casse-noix. Le procédé a donc été inventé par un individu d’un groupe précis et ensuite transmis. Pour apprendre ce tour de main, un jeune chimpanzé doit observer sa mère précisément pendant des années. Mais ce n’est qu’à l’âge de 7 ans qu’il réussit à briser efficacement les dures noix de panda. A ne considérer que cet exemple, il est difficile d’admettre que l’ animal soit un automate biologique guidé exclusivement par ses instincts, eux-mêmes programmés dans les gènes. Les animaux auraient donc une culture ! [1]
L’homme, c’ est la culture ! oui, mais ...
De nombreuses recherches analogues enlevaient à l’ homme le privilège de la culture [2] les plus connus concernent les mésanges et les macaques qui ont donné lieu à des interprétations différentes.
Observées dès 1921, des mésanges réussissaient à soulever le couvercle de carton des bouteilles de lait déposées le matin sur le pas des portes. De 1950 à 1952, Hinde et Fischer ont porté une attention particulière aux comportements de ces oiseaux. En 1996, J. Vauclair a minimisé leur importance en rappelant que les mésanges soulevaient habituellement les écorces des arbres pour se nourrir. Quoiqu’il en soit, on peut écrire l’analogie dont ces volatiles ont la faculté de la manière suivante :
écorce d’ arbre = carton de bouteilles de lait
Dans ce cas, le tertium comparationis est la nourriture.
Plus étonnant encore est le cas d’ Imo, une jeune macaque femelle de 18 mois (Macaca fuscatta) de l’ile de Koshima au Japon observée par Miyadi et son collègue Imanishi un jour de 1953 lavant dans l’eau de mer une patate douce avant de la manger. C’était la première fois qu’ une macaque se souciait du sable ou de la terre accumulés sur la peau des patates douces. Quatre ans plus tard, la moitié des macaques du groupe faisait de même. En 1958, le nombre des macaques ayant adopté ce comportement avait encore augmenté. Bien mieux, Imo se mit à laver également les grains de blé des grains de sable par flottaison dans l’ eau.
De nombreux chercheurs ont vu dans ce comportement une ébauche de pratique innovative culturelle mais les objections ( Galef, 1976 ) n’ ont pas manqué d’ apparaître : patates douces et grains de blé, déposés par les chercheurs, servent à attirer les macaques craintifs hors de leurs forêts. En toute objectivité, cette pratique innovative doit être interprétée comme résultat de l’ influence réciproque de l’ homme et de l’animal dans un environnement donné.
Des précisions sur ces interactions ont été apportées par les études réalisées sur la chouette effraie (Tyto alba) qui utilise la vue et l’ouïe pour localiser ses proies. Pour les repérer, la chouette fait la synthèse des informations provenant de ces deux sources. Si l’on met, d’ autre part, des tampons dans les oreilles de la chouette, le signal sonore est amoindri.

- Chouette effraie
- La chouette effraie est l’ exemple d’interaction d’u n être biologique avec son environnement
La chouette s’adapte alors à cette nouvelle situation ; les données auditives sont recalibrées de façon à devenir cohérentes avec les données visuelles. Pour atteindre ses proies les oreilles partiellement bouchées, la chouette traite un objet extérieur comme hors d’elle même et corrige si besoin est les informations qu’elle reçoit. [3]
De même, pour l’ outillage, (Goodall (1964) a repéré que la construction des outils chez les grands singes obéït à un plan fonctionnel (qui suppose une représentation de son usage hors situation) tandis que leur utilisation est l’objet d’un apprentissage dispensé par les animaux plus expérimentés souvent plus âgés.
Ainsi, ce qui pouvait apparaître comme une spécificité humaine, une fois exploré le règne animal, cesse de caractériser les êtres humains. A tel point que l’éthologue américain Donald Griffin dès 1970 cesse de considèrer les animaux comme téléguidés par des instincts innés pour leur attribuer des stratégies astucieuses au même titre que les humains.

- Pluvialis apricaria
- Des traces de stratégies vis à vis des prédateurs sont observables chez le pluvier
Il cite de nombreux exemples où des papillons, à l’ approche d’une chauve-souris volent dans tous les sens ou bien les pluviers qui, simulant ostensiblement une blessure, éloignent ainsi les prédateurs de leurs nids.

- Chauve-souris et papillon
- Les papillons de nuit pourchassés par les chauves-souris imitent les ultra-sons émis par les papillons toxiques pour prévenir les chauves-souris des désagréments qui les attendent.
Ces stratégies chez l’ animal et l’ homme présupposent que les êtres biologiques sont capables d’ extraire de leur environnement des signes [4] véritables intermédiaires entre eux et l’environnement.
Des signes d’interaction avec l’environnement
Ces possibilités de représentations de l’environnement communes aux animaux et aux hommes ont repoussé la frontière séparant les 2 règnes, ce qui amenait F. Joulian (1994) à ne plus voir parmi ces êtres biologiques qu’une différence quantitative. Le débat n’ est cependant pas clos puisque la fabrication d’outils servant à produire des outils ou bien des outils composites n’a pas encore été signalée chez les primates. Cette frontière s’estompe d’ autant plus qu’on connait mieux comment les êtres biologiques agissent sur leur environnement à l’ aide de signes. Pour évoluer en groupe, par exemple, les baleines bleues ont des chants particuliers caractéristiques d’une région océanique donnée. Mais ces baleines peuvent interagir entre elles et devenir " bilingues " comme des chercheurs australiens ont réussi à le démontrer. Des baleines australiennes, au contact d’un autre groupe de baleines venues de l’Océan indien, auraient même adopté et utilisé un nouveau chant, et ce en moins de 2 ans.
Inventivité du règne animal
Cette forme de proto-culture par le chant à la fois inné et acquis se retrouve chez de nombreuses espèces d’ oiseaux. Une certaine souplesse peut même favoriser le croisement des cultures : un jeune oiseau d’une espèce dans un nid d’une autre espèce adoptera le chant de ses "parents adoptifs". Au sein d’une même espèce, des différences de chants entre les groupes de plusieurs nids permettent de définir des dialectes.

- Perroquet au croisement de 2 cultures
- Amazona auropalliata est l’ exemple même d’oiseaux maitrisant plusieurs chats
Certains oiseaux comme certains perroquets ( Amazona auropalliata) au croisement de différents groupes maîtrisent plusieurs chants.
L’homme de son coté a développé des signaux de communications hautement performants.

- Homo ergaster
- Homo ergaster adapte son environnement plus qu’ il ne l’ utilise comme les australopithèques
PPicq date la naissance de l’homme véritable à 2 millions d’années au moment où Homo ergaster adapte son environnement plus qu’il ne l’ utilise comme le font les australopithèques. Sorti de la forêt, Homo sapiens se sert du feu, invente le biface et, coexistant avec l’ homme de Néandertal, développe la communication symbolique et le langage. Avec Homo ergaster la descente du larynx dans le pharynx permet la modulation des sons au fondement de tout langage. De même, les aires corticales nécessaires au langage existent chez Homo ergaster et chez Homo habilis. Même s’il est difficile de se rendre compte de leurs facultés de représentation, l’ existence d’un support biologique la rend cependant possible. Cette faculté, semble-t-il, ne correspond pas à un gêne du langage de telle sorte que, nécessairement, la représentativité du langage est un acquis culturel. Quoi qu’il en soit, les langues humaines permettent une mise à distance des situations dans l’ espace et une certaine flexibilité vis-à-vis des objectifs dans le temps. Cette maitrise du temps est également visible dans l’ agencement récursif des mots et des expressions. Elle reste à démontrer dans l’organisation de tous ordres ( chimique par phéronomes, sonore, ultra-sonore, ) échangés par les animaux. Les animaux comme les êtres humains ne seraient-ils que des êtres biologiques génétiquement programmés, assemblages de molécules dont l’ interaction conditionne leur insertion dans le milieu ? Les découvertes récentes permettent de leur attribuer également des systèmes de communication ( dont certains utilisent d’ autres canaux - phéronomes, communication chimique, ultra-sons ) dont les équivalents humains n’en seraient que certaines caractéristiques ampliées par une instrumentation adéquate.

Dans ces conditions, à l’évolution considérée comme le résultat de mutations et d’adaptation, il convient d’ ajouter les différentes d’interaction avec le milieu. Ce nouvel aspect de l’évolution du monde vivant est sans doute exacerbé par nos préoccupations actuelles environnementales à l’échelle de toute la planète. Mais de tous temps, l’ adéquation des réponses des êtres biologiques aux stimuli de l’ environnement a été capital pour la survie d’ une espèce. Bien plus, c’ est sans doute à ce niveau que les différences entre règne animal et l’homme sont les plus grandes. D’une part, les interactions chez l’ animal sont établies quelques temps après la naissance alors que les êtres humains doivent achever leur maturation [5] pendant un temps relativement plus long [6] . Les domaines d’interactions entre les êtres biologiques et leur milieu ne sont pas identiques pour les espèces animales. Baleines [7] et dauphins reconstituent, par exemple, l’espace où ils évoluent à l’ aide de leur bulle tympanique et d’indications de température et de profondeur à la manière de nos sonars. Ces indications calorimétriques sont données par un organe particulier du crotale, organe inexistant chez l’ être humain. Certains reptiles percoivent, d’ ailleurs, l’infrarouge invisible à l’ oeil humain pas plus que ne l’ est la lumière polarisée à laquelle les abeilles sont sensibles. Des instruments sont venus amplifier la gamme des stimuli chez certains hommes. Une partie de l’ humanité peut indirectement percevoir gràce à une instrumention appropriée certains aspects non perceptibles de l’ environnement physique. Les astronomes modernes, par exemple, en plus de leur perception des astres dans le domaine visible scrutent l’ univers grâce à des ondes de toutes sortes ( radio, X, gamma etc ). Les possibilités de se forger une représentation de l’ environnement en on été décuplées. A égalité avec les animaux peu outillés, les hommes peuvent percevoir directement la lumière, les ondes sonores, les odeurs (molécules chimiques ) et les objets directement. En revanche, ils ne percoivent pas certaines ondes comme les ultra-sons percus par les chiens ou les phéronomes permettant aux fourmis de se diriger. C’ est dire que certains êtres vivants interagissent avec leur milieu à l’ aide de représentations qui permettent (ou non ) une réponse adéquate (ou non) aux stimuli. Si donc les animaux ont souvent dès leur plus jeune âge [8] une réponse efficace aux stimuli de leur environnement, les hommes en revanche, au cours de leur longue maturation jusqu’à l’ âge adulte ont la possibilité de diversifier leur adaptation culturelle. Telle population de pêcheurs pourra développer chez ses enfants des aptitudes particulières à la pêche tandis que d’ autres utiliseront cette période d’éducation pour cultiver d’ autres talents, ce que le règne animal ne saurait faire dans de semblables proportions. Même si les performances de certains animaux sont d’une complexité équivalente à celles réalisées par les humains, les animaux ne semblent pas avoir combiné certaines fonctions qui, chez l’ homme, mène à une plus grande diversification culturelle. Les recherches sur la lecture [9] , par exemple, ont montré que les aires cérébrales d’identification visuelle des formes chez les primates correspondent à l’aire de la lecture chez l’ homme. Seule, une coordination des aires cérébrales mises en oeuvre - une dizaine pour la lecture - n’ existe que chez les êtres humains. Plus généralement, la variabilité culturelle résulte, selon les recherches les plus récentes, non pas tellement d’une plasticité biologique des êtres humains par rapport aux animaux mais par la coordination de fonctions aboutissant à des innovations culturelles spécifiques de l’ espèce humaine comme la peinture, la lecture ou l’ écriture.
Loin d’être la fine fleur de la création, l’ être humain s’y distingue donc par une coordination des fonctions présentes chez les autres animaux. Uniquement chez l’être humain, par exemple, la vision se combine à la faculté langagière pour permettre la lecture. La niche de l’ environnement où l’être humain interagit ne couvre pas l’ensemble du règne animal. Les mouches, par exemple, évoluent aux endroits où leurs yeux à facette détectent les mouvements. Les domaines de l’ infra-rouge où évoluent certains reptiles, ou les ultra-sons dont se servent les chauves-souris ultra-sons n’interfèrent pas avec celui où les êtres humains percoivent la réalité. Mais ces spécificités animales ne permettent pas une diversité des pratiques culturelles aussi vaste que celles développées par le genre humain.
[1] Kroeber (1928) proposa 6 critéres de la culture : innovation, dissémination, standardisation, durabilité, diffusion et tradition.
[2] Dominique Lestel : les origines animales de laculture] ] : les animaux pouvaient également posséder en propre des habitudes et des savoirs socialement transmis et non plus génétiquement déterminés ! Cette faculté d’ invention rapprochait l’animal de l’homme pour une propriété dont il se considérait le seul détenteur : les animaux étaient aussi inventifs. Les 2 exemples [[Dominique Lestel, L’innovation cognitive dans des communautés hybrides hommes /animal de partage de sens, d’intérêts et d’ affects, Intellectica, 1998/1-2, 26-27. pp 203-226
[3] Joëlle Proust :L’animal intentionnel
Les animaux forment des représentations mentales dès qu’ils ont la capacité d’extraire de l’information sur les corrélations environnementales, de la fixer dans certains états internes mémorisés, et d’identifier des objets et des événements indépendants de la perception qu’ils en ont. Un dispositif de calibration entre les modalités sensorielles est indispensable pour que les représentations soient appliquées à des objets perçus comme extérieurs. Les animaux qui disposent de ce type de représentation dite objective sont susceptibles de former des concepts. Un être possède un esprit selon Proust s’il est capable de former des représentations. Considérons un organisme et son environnement. Cet organisme a des représentations s’il est capable de produire des événements ou des états internes qui « sont le signe », qui « correspondent à » des objets ou des événements extérieurs (ou à certaines de leurs propriétés). La correspondance ne doit pas être une simple covariation. Ce n’est pas parce que le mercure se dilate avec la température que le thermomètre se représente la chaleur. Que faut-il donc de plus ? Proust ajoute une condition d’objectivité dans la relation d’un système à son environnement. Pour avoir un esprit, un organisme doit être capable de saisir un objet comme « détaché » de lui, comme existant indépendamment de l’effet produit sur les récepteurs au moyen desquels il capte sa présence. Sa représentation de l’objet ne se confond pas avec l’état d’un récepteur. La faculté représentationelle renvoie donc à une certaine manière d’extraire, de traiter et d’utiliser des données relatives à l’environnement est suffisant pour caractériser la formation de représentations.
[4] La biologie au sens large manque encore d’une théorie générale des signaux qui traiterait directement de ses questions dont l’ ensemble la recouvre. M. Serres Hominescence,Editions le Pommier, Paris, 2001, p 201.
[5] Je remercie C. G d’ avoir attiré mon attention sur ce point
[6] Néoténie :
Louis Bolk dès 1926 pensait que le germen et le soma étaient sous la dépendance de l’endocrinon . Au niveau phylogénétique l’homme peut être considéré selon les termes de Bolk comme ".. un fœtus de primate génériquement stabilisé." Ce processus de retardement implique une longue dépendance à l’égard des adultes et ce qui pourrait paraître comme une faiblesse se transforme par nécessité en potentiel adaptatif. En ceci l’homme ne se distingue pas réellement des autres primates si ce n’est par l’importance quantitative de son inachèvement. Les données actuelles mettent effectivement en évidence qu’un processus de néoténie en juvénilisant le cerveau et le crane de nos ancêtres a permis une augmentation extraordinaire de leur volume encéphalique. Nos nouveau-nés ont un "retard" considérable dans le développement cérébral. Relativement au standard adulte, les capacités cérébrales à la naissance représentent 25% alors qu’elles représentent 65% chez le bébé chimpanzé pourtant très proche de nous. De plus notre maturité sexuelle précède nettement notre développement somatique. Quoiqu’il en soit, c’est ce processus de juvénilisation qui a retenu l’attention de Géza Róheim.
[7] Michel Serres, Hominescence, Le Pommier éditions, Paris 2001, p 144
[8] Les gènes Hox (Jean Chaline et Didier Marchand ) ".. imposent une chronologie précise des évènements qui se suivent au cours du développement. Un changement dans l’expression d’un de ces gènes peut suffire à modifier la chronologie et donc la morphologie adulte." Il est remarquable de constater que tous ces travaux n’infirment pas mais au contraire consolident les bases sur lesquelles Géza Róheim s’est appuyé et, fait encore plus surprenant, ces mêmes travaux, comme l’écrivent Chaline et Marchand, redonnent une nouvelle jeunesse à l’idée de Haeckel pour qui l’ontogenèse récapitulait la phylogenèse. Il n’est pas besoin de rappeler que cette idée avait été évoquée par Freud dans Totem et tabou.
[9] S Dehaene, Les bases cérébrales d’une acquisition culturelle : la lecture
Jean-François Doucet
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