"Ego", "Moi" et "Je" du sujet créateur

Echanger des mots, c’ est partager un sens ... ancien ou s’ accorder sur une nouveauté !
Monday 9 July 2007
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Les trois concepts linguistiques de référents, de signifiants et de signifiés résument la relation des êtres humains à la réalité. Ils présupposent naturellement l’importance des sons pour nouer des conventions entre êtres humains sur les perceptions individuelles de la réalité. C’ est à l’ interaction de ces trois concepts que se situent les propriétés créatrices des paroles échangées entre humains.

La langue permet un consensus sur la réalité

Qui ne s’est jamais étonné des variations culturelles quasi infinies des perceptions humaines ? Tel peintre coloriste voit 15 nuances de couleurs là où le commun des mortels ne voit qu’un vert uniforme. Tel asiatique cherche des réïncarnations là où un occidental n’ entrevoit pas même l’ ombre d’ un revenant. Qui ne s’ est pas émerveillé de la plasticité de nos perceptions de ce que nous tenons pour vrai : personne de nos jours, au vu des images satellites de notre " belle boule bleue " n’ oserait l’ imaginer plate: et pourtant, bien des grecs de la période classique tenaient pour vrai que notre univers, sans histoire, n’ allait pas au delà des limites fixées par l’ observation. Malgré la variation extrême dans le temps et l’ espace des perceptions humaines, des groupes se forment cependant autour de perceptions communes de la réalité. Prenant position sur elle, ils échanges des sons chargés de sens entre eux. Ils tombent d’accord sur un référent tandis que les sons mémorisés sont les signifiants des linguistes. Le sens transmis par ces traces mémorielles sont alors les signifiés correspondants. JPEG - 33.7 kb La notion de référent [1] pose la question de savoir si la réalité existe en dehors des observateurs qui la percoivent. Le référent est soit une limite d’ une réalité impensable en dehors de nos perceptions soit un concept abstrait commode pour la désigner. C’ est sur eux que les sons mémorisés accordent un sens. Détaché du référent, ce sens, est, dans nos cultures, arbitraire par rapport aux signifiants. Il existe toutefois des cultures où le référent "porte" ou "épouse" le sens : l’ empreinte du sens sur le référent est la prégnance des signifiants sur la réalité. Le signifiant en tant que trace sonore mémorisée -trace mnésique- comporte deux faces : l’ une, hébergée par le locuteur est ce qu’il a organisé des signifiants empruntés au pot commun du langage tandis que l’ autre face est une perche tendue à ses interlocuteurs pour qu’ils reconstruisent le sens qu’il a exprimé. De ce point de vue, tout signifiant est un coin entre soi et autrui, entre une mémorisation individuelle de traces sonores communes à d’ autres mémoires. Tout signifiant relatif à son référent, de ce fait, concerne quelqu’un. Pris entre sa source et son adresse, il représente également un sujet pour d’ autres signifiants. [2] De ce point de vue, les êtres parlants partagent des signifiants pour passer autant de conventions sur le sens de leurs perceptions d’ une réalité au moins en partie commune. Quant aux signifiés, ils sont donnés par les sujets aux objets de leur environnement. Entre signifiants et signifiés s’immisce donc une grande variation de consensus passés entre les locuteurs sur les signifiés qu’ils partagent. Ce sont ces dernières qui sont au fondement des communautés culturelles qui s’ accordent sur tel ou tel aspect de la réalité : au sens général donné au signifiant " pain ", par exemple, viennent s’ ajouter les variations des pains particuliers à chaque communauté culturelle. Ces trois notions de "référent ", de "signifiants" ou de "signifiés"résument les variations naturelles du sens donné par les humains à leur réalité. Ils peuvent servir non plus à représenter ni expliciter cette variété mais à la provoquer : ils sont alors les outils de la créativité humaine.

Parler, c’ est toujours créer un peu !

Que deux locuteurs dont le conscient est représentée par les 2 cercles oranges de la figure ci-dessous, se mettent d’ accord sur un aspect particulier de leur référent, ils pourront le désigner pour définir le signifié correspondant.

GIF - 23.2 kb
Dialogue de deux conscients de sujets créateurs
Dialogue de deux conscients définis comme Réel, Symboligue et Imaginaire

On doit noter la vivacité des propos échangés : un locuteur n’ est pas lettre morte : il s’ adresse à son semblable à l’ aide de signifiants pour s’ en faire comprendre, lui-même auteur de signifiants à l’aide desquels il attribue un sens aux mots échangés. Les signifiants correspondants partagés par eux seuls pourront être adoptés par toute une communauté comme un néologisme à la facon des pidgins produit entre des êtres humains sans langue commune devant fabriquer leurs outils langagiers pour cependant communiquer entre eux.

"Ego", "moi" et "je" du sujet créateur

Grâce aux 3 concepts servant à l’ expression orale, le sujet créateur noté Je, [3] exprime ses représentations ( Imaginaire) à l’ aide de la langue ( Symbolique ) tandis que le Réel reste l’ impensable. [4] ). [5] Une création, exprimée par une ou plusieurs organisations signifiantes nouvelles est alors une ré-écriture ( avec des éléments du Symbolique) de la réalité dont le sujet partage avec au moins un autre sujet une représentation ( Imaginaire ).

GIF - 22.1 kb
Ego, Moi et Je d’un sujet créateur
L’Ego du conscient du sujet créateur englobe son Moi et son Je

Pour ce faire, le sujet dont l’ Ego [6] n’ obture pas le champ des autres réalités possibles, n’ accorde à son "Moi", que l’ attention due à " un précipité d’ identifications " c’ est-à-dire de la reconnaissance à l’égard de gens qui ont compté pour lui. Ce faisant, il se permet de retrouver comme autrefois la satisfaction à l’égard d’un objet anciennement perdu dont il crée ici et maintenant la réplique.


[1] Certains auteurs comme S Dehaene parlent d’invariants pour désigner la relation établie entre les objets et les variations de leur représentation : e.g. la lettre A ou a ou à ou a est reconnue par le cerveau humain comme les variantes possibles de la même lettre A ( invariant ou référent )

[2] voir la définition du sujet par J. Lacan dans " Encore " XI Le rat dans le labyrinthe p 129" .

[3] La distinction entre "je" et "ego" coïncide avec les "Je" solitaires de philosophes comme Descartes, de penseurs comme Montaigne et l’ "ego" contemporain se définissant plus par les relations qu’ il entretient avec ses semblables que par son existance propre. On peut situer la naissance de cet sorte d’ego entre "Woodstock" (1969) en tant que première manifestation de la culture de masse et " The culture of narcissism" (1979)

[4] « L’homme a pu entrer dans l’ordre symbolique, comme sujet, par la voie d’une béance spécifique de sa relation imaginaire à son semblable. » J. Lacan. Écrits.Le Seuil, Paris, 1966. p 53.

[5] Ce Réel impensable est à rapprocher du Tao qui, lui aussi, est irreprésentable et dont on retient les vers :

La Voie dont on parle

n’ est pas la Voie suprème

Concepts et noms sont des illusions

Toute réalité émane du sans-nom

Le nom est ce qui divise

En donnant à toute chose

une identité

[6] Deux périodes se succèdent dont l’une commenca, sans doute, avec le christianisme, religion qui propose le salut de l’âme individuelle et donc où l’ on demande la foi de la personne elle-même, ignorée des précédentes religions toutes fondées sur la ville ou le peuple, où s’ engage une instance nouvelle, cet ego tout justement que les Grecs ni les Latins ne connaissaient que vaguement puisque le fameux "Connais-toi toi-même" n’invite qu’à estimer ses limites.- Michel Serres, Hominescence, Editions Le Pommier, 2001, p 287


commentaires article

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Wednesday 20 April 2011 agrave 05h26 - by  xSeyqrgUYKUTxkNTgWU

Suodns great to me BWTHDIK

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Wednesday 20 April 2011 agrave 01h26 - by  QDxRPWxWSXCG

rGb2kd Touchdown! That’s a really cool way of puttnig it!

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Tuesday 19 April 2011 agrave 22h16 - by  wmQeTQhoHwpcMRxlfzD

Real brain power on display. Takhns for that answer!

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Tuesday 19 April 2011 agrave 20h21 - by  GTqzrgPcm

Sondus great to me BWTHDIK

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Tuesday 25 May 2010 agrave 05h12 - by  Jean-Luc

Ce sont finalement de veritables conférences et cours gratuits de philosophie que proposent ce blog. Merci pour vos contributions très intéressantes et enrichissantes. Les propos sont pour le moins clairs et pédagogiques : peut être peut-on rajouter que se trouvent ici en filigrane de nombreuses thèses kantiennes.

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Thursday 14 January 2010 agrave 12h04 - by  Pierre

Merci pour cet article très... scientifique ;)

Giochi per ragazze

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Monday 21 December 2009 agrave 06h29 - by  jeux
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Wednesday 25 November 2009 agrave 07h36 - by  jordan
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Thursday 12 November 2009 agrave 04h21 - by  Jean-François Doucet

Transmis parJBB.

Je travaille à la mise au point d’une étude de cette notion de référent chez Deligny en particulier cette notion d’appareil à voir qu’il dit être appareil de rapport avec la nature, qu’il oppose à l’appareil à langage. Il me semble que cette notion de référent n’est pas sans rapport avec la consistance, la condensation d’image, mais également de lettres, de nombres ou d’images, condensation qui peut aller jusqu’aux actes que l’on repère chez les dénommés (on les dé-nomme alors) autistes et qui prennent le nom de Sameness et Aloness. Dans votre echange de mail sur le site avec EJ vous parvenez à un moment donné ensemble à produire une consistance d’Ego ( ici dans le sens de même) qui semble chacun vous soulagez : soudain se façonne un corps commun de perceptions qui produit un passage entre vous et lui par un transfert de consistance. Et cela signe la rupture et vous pouvez alors rompre votre tesseire qui se dirait, plutôt que nous sommes d’accord, nous sommes accores sans récifs qui nous séparent. Il me semble que dans votre schéma la position d’Ego pourrait correspondre à cette consistance qui produit un Nous avec une diminution de la puissance du "Je"

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Tuesday 10 November 2009 agrave 09h35 - by  Double jogging stroller

J’ai l’habitude de ne pas poster dans des blogs, mais votre blog me forc�, amazing work .. magnifique Quinny stroller

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Thursday 26 February 2009 agrave 06h04 - by  jean louis

" je ne peux m’empècher de penser au Wu Wei taoïste. Mais je ne suis pas certain de bien comprendre ce que vous entendez par non-agir. Si vous faites allusion au Wu Wei taoïste qui n’a rien à voir avec l’inaction, le non-agir serait une manière d’agir naturelle (en accord avec l’ordre naturel des choses - manière de parler ). Dans ce contexte, lorsque je mettais en opposition ignorance et tout-savoir, je réagissais à votre " je ne sais rien" de votre blog qui évite de faire la part de ce que l’on sait même si ce n’ est "rien" ou pas grand chose par rapport à l’ensemble des connaissances. Vous mettez en parallèle "arrêter une activité " et "ignorance" d’une part et de l’autre "non-agir" et "inconnaissance" (au sens de l’état ne pas connaître quelque chose) ! Soit ! Si je prends " non-agir " au sens de Wu Wei, agir à bon escient, l’inconnaissance serait s’apercevoir de son ignorance dans le but d’y remédier, c’ est-à-dire d’apprendre ? Vous ai-je bien compris ?"

Je faisais référence au Tao-Te-King, bien sûr. A ces lignes par exemple :
" Le Tao pratique constamment le non-agir, et pourtant il n’y a rien qu’il ne fasse " (Ed. Librio)

L’ignorance désigne plutôt une insuffisance de savoir, un manque dans le langage courant. C’est ne pas savoir ce qu’on devrait savoir. (Un peu comme l’inaction semble indiquer que l’on reste sans faire alors que l’on devrait agir).
Mais l’inconnaissance n’est pas ignorance, ni le fait d’apercevoir son ignorance - ce qui maintient l’idée d’insuffisance.
L’inconnaissance pose le problème du savoir. En quoi un prétendu savoir est-il un savoir ? Jusqu’à quel point ? A quel détenteur du savoir renvoie-t-il ?
Le nominalisme a le mérite d’en dire un bout sur cette nature du connaisseur.

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Wednesday 25 February 2009 agrave 05h06 - by  Jean-François Doucet

Merci de votre courriel. En écrivant " Vous insistez sur l’ignorance qui est le fondement de tout savoir ", je ne pensais pas citer Lao Tseu !

A mon tour, lorsque vous écrivez : "Le fait d’arrêter une activité est au non-agir ce que l’ignorance est à l’inconnaissance ", je ne peux m’empècher de penser au Wu Wei taoïste. Mais je ne suis pas certain de bien comprendre ce que vous entendez par non-agir. Si vous faites allusion au Wu Wei taoïste qui n’a rien à voir avec l’inaction, le non-agir serait une manière d’agir naturelle (en accord avec l’ordre naturel des choses - manière de parler ). Dans ce contexte, lorsque je mettais en opposition ignorance et tout-savoir, je réagissais à votre " je ne sais rien" de votre blog qui évite de faire la part de ce que l’on sait même si ce n’ est "rien" ou pas grand chose par rapport à l’ensemble des connaissances. Vous mettez en parallèle "arrêter une activité " et "ignorance" d’une part et de l’autre "non-agir" et "inconnaissance" (au sens de l’état ne pas connaître quelque chose) ! Soit ! Si je prends " non-agir " au sens de Wu Wei, agir à bon escient, l’inconnaissance serait s’apercevoir de son ignorance dans le but d’y remédier, c’ est-à-dire d’apprendre ? Vous ai-je bien compris ?

Vous me demandez ce que je pense du "nominalisme". S’il faut comprendre par " nominaliste " le fait de n’accorder aucun crédit aux concepts mentaux en dehors de l’esprit qui les utilise, je serais assez partisan de cette attitude. Bien des malentendus proviennent, à mon sens, d’un manque de "nominalisme" dans la mesure où, très souvent, ils ont pour origine un sens différent accordé aux mots ou expressions utilisés dans l’échange de pensées par l’intermédiaire des mots.

Maintenant, il existe une forme de "nominalisme" d’un certain scientisme (Wittgenstein) où "ce qui ne peut s’exprimer à l’aide de mots doit se taire " ou bien encore qui n’accorde l’existence qu’à ce qui peut se dire, une forme de " nominalisme" que je ne partage pas. Au contraire, il revient à l’approche scientifique d’essayer de rendre intelligible ce qui est sensible, c’est-à-dire de mettre des mots sur un vécu. Dans cette optique, il existe bien des zones d’ignorance qui reconnues sous forme d’inconnaissance par un savant ne cherche qu’à se faire connaitre ! Il existe enfin, à mes yeux, une "clôture logocentrique" qui sépare ce qui peut se dire et ce qui ne le peut pas.

Mais ne pas pouvoir s’exprimer en mots ne signifie pas nécessairement ne pas pouvoir être communiqué à autrui. Je pense particulièrement à tout le registre sacré qui nécessite une mise en scène auxquels participent les fidèles : il y a bien intention de communiquer le sacré en même temps que reconnaissance de la limite ou de l’insuffisance du langage pour le faire.

Bien cordialement

Jean-francois Doucet

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Wednesday 25 February 2009 agrave 03h33 - by  jean louis

" vous insistez sur l’ignorance qui est le fondement de tout savoir "

Vous citez Lao-Tseu. Disons que pour moi, on pourrait dire en quelque sorte que le fait d’arrêter une activité est au non-agir ce que l’ignorance est à l’inconnaissance.
Que pensez-vous du nominalisme ? Ne pensez-vous pas que l’on devrait le pousser très loin ?

Cordialement.
Jean Louis

Website : Concepts
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Tuesday 24 February 2009 agrave 12h09 - by  Jean-François Doucet

Merci de votre courriel. Vous écrivez :
"On peut toujours se poser cette question, et le fait de se la poser a de grandes conséquences, mais la question est vaine si on considère que de toute façon, on n’en saura jamais rien"

La question est peut-être vaine mais la réponse est importante, non pas comme une adhésion à une vérité sur la réalité ultime, mais comme point de vue conscient dans le champ des possibles, c’ est-à- dire en tenant compte de la subjectivité présente dans toute option philosophique. "On n’en saura jamais rien" (de la vérité d’ un référent) mais le but du choix d’ un concept comme celui de référent est de pouvoir désigner parmi les concepts linguistiques la réalité " en-soi " pour au besoin partager des connaissances en utilisant cette notion en ayant quelque chance de se comprendre.

Bien cordialement

Jean-francois Doucet

P.S. J’ai été sur votre site : à première vue, vous insistez sur l’ignorance qui est le fondement de tout savoir. Pour équilibrer cette impression de ne rien savoir, il convient, à mes yeux, de replacer l’ignorance (ou le savoir ) dans l’ensemble des connaissances ou des choses inconnues.

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Tuesday 24 February 2009 agrave 07h40 - by  Jean Louis

J’ai quelques difficultés à vous suivre.

" La notion de référent [1] pose la question de savoir si la réalité existe en dehors des observateurs qui la percoivent. Le référent est soit une limite d’ une réalité impensable en dehors de nos perceptions soit un concept abstrait commode pour la désigner. C’ est sur eux que les sons mémorisés accordent un sens. "

On peut toujours se poser cette question, et le fait de se la poser a de grandes conséquences, mais la question est vaine si on considère que de toute façon, on n’en saura jamais rien.
Ce qui fait que, pour moi, ce référent est une pure croyance, une pétition de principe.

D’autre part, le signifiant semble bien être un patrimoine commun : reçu, mémorisé puis réutilisé : il est signé "autre". (Je dis semble parce que ce n’est pas si simple).
Mais je pense, que le signifié (le sens que l’on donne aux signifiants) ne se transmet absolument pas.
Les signifiants servent de stimuli au déclenchement de ses propres associations.

C’est pourquoi cette affaire de moi est une jolie mystification. Cet interface psychique que l’on construit avec les matériaux de la communication en vue de répondre aux remises en cause incessantes, est inutile puisque c’est nous-mêmes qui nous remettons en cause.

Website : Communication
Monday 5 November 2007 agrave 12h04

votre référent est devenu limpide ;-)

Voilà un article sur l’esthétique de guattari qui reprend le référent mais qu’il va falloir que je lise plusieurs pour bien comprendre ;-)
http://www.revue-chimeres.fr/drupal...

petit extrait :" Sous le terme générique de ritournelle je rangerai des séquences discursives réitératives, fermées sur elles-mêmes, ayant pour fonction une catalyse extrinsèque d’affects existentiels.
Les ritournelles peuvent prendre pour substance des
formes rythmiques, plastiques, des segments prosodiques, des traits de visagéité, des emblèmes de reconnaissance, de leitmotive, de signatures, de noms propres ou leurs équivalentsinvocatoires ; elles peuvent également s’instaurer transversalement
entre différentes substances — c’est le cas avec les
« ritournelles du temps perdu » de Proust, qui entrent
constamment en correspondance (15). Elles sont aussi bien d’ordre sensible (la madeleine trempée dans la tasse de thé ; les pavés disjoints de la cour de l’Hôtel de Guermante ; la « petite phrase » de Vinteuil ; les compositions plastiques autour du clocher de Martinville…), problématique (l’ambiance dans le salon des Verdurin) que visagéitaire (le
visage d’Odette). Pour situer leur position carrefour entre les dimensions sensibles et problématiques de l’énonciation, je propose d’« encadrer » le rapport significationnel : f. (sign), (c’est-à-dire le rapport de présupposition réciproque, ou de solidarité, selon la terminologie de Hjelmslev, entre la forme d’Expression et la forme de Contenu) de quatre fonctions
sémiotiques se rapportant au Référent et à l’Enonciation. On aura ainsi :
1. une fonction dénotative : f (dén), correspondant aux rapports entre la forme de Contenu et le Référent ;
2. une fonction diagrammatique : f (diag), correspondant aux rapports entre la matière d’Expression et le Référent ;
3. une fonction d’affect sensible (ritournelle), correspondant aux rapports entre l’Enonciation et la forme d’Expression ;
4. une fonction d’affect problématique (machine abstraite), correspondant aux rapports entre l’Enonciation et la forme de Contenu."

Merci à vous pour la discussion,

ej

logo de Jean-François Doucet
Sunday 4 November 2007 agrave 13h43 - by  Jean-François Doucet

Merci de votre commentaire auquel je réponds après avoir pensé aujourd’ hui à une nouvelle précision sur le "référent". Lorsque je lis votre commentaire, je sens bien qu’ on "navigue dans les même eaux " et je voudrais reprendre votre histoire (ou celle des auteurs que vous citez: Gattari-Deleuze que je n’ ai malheureusement pas lu) d’agencement, concept qui me parait fécond. J’ essaie de reprendre cette notion de référent avec une clarification ( j’ espère être assez clair ! ) qui va rejoindre cette notion d’ agencement.
Vous devez connaître la tarte à la crème de la créativité, à savoir la figure qui tantôt vous apparait comme 2 visages qui se font face, tantôt comme un vase ( il y aurait d’ autres figures du même type, mais je me limite à celle là parce qu’ elle est archi-connue ). Cette figure a l’ avantage de mettre en évidence :

http://www.naute.com/illusionsfr/va...

.- la dépendance de l’ observateur pour ce qui est de nos perceptions.
Cette dépendance n’ apparait pas tellement dans nos représentations des objets écrits mais elle est patente pour un chinois par exemple dont le texte idéogrammatique non phonologique - je pense que vous voyez là une allusion aux philosophes de la déconstruction comme J. Derrida - texte idéogrammatique qui reconstruit le sens d’ un texte non pas à partir de ces fameux signifiants qui nous trottent en tête mais par rapport au dessin lui-même de l’ idéogramme. L’idéogramme n’ est pas seulement une représentation de la réalité mais aussi un peu la réalité elle-même.Mais assez de la Chine, revenons aux 2 vases ou au visage.

.-la notion de perception d’un observateur et d’énonciation. Si vous demandez à quelqu’ un ce que représente l’ image, l’énoncé "2 visages" ou "vase" vous renseigne sur ce que voit l’ observateur. Cette énonciation vient lever l’ ambiguïté de nos perceptions vis à vis de cette représentation de la réalité ou de la réalité elle-même. On ne voit pas tous la réalité de la même manière ! De plus, on est pour s’ entendre dépendant d’ un accord possible sur une même réalité le plus souvent à l’ aide de mots mais on pourrait imaginer d’ autres systèmes d’ expression de l’ accord sur une même réalité. Au lieu de dire " Je vois 2 visages " on pourrait toucher son propre visage pour dire à l’ interlocuteur que cette option de l’ image ambivalente est retenue. De même pour le vase, on peut très bien imaginer 2 interlocteurs muets se mettant d’ accord en dessinant des mains le contour d’ un visage.

Bon, maintenant que cette notion d’ ambiguïté de la perception de la réalité est explicitée, je passe à ce qui se passe lors d’ une oscillation métaphoro-métonymique, en termes émotionnels " jubilation esthétique " que j’ ai choisie pour décrire le moment créatif. Le vécu de ce moment créatif s’ il se traduit au niveau émotionnel par la jubilation esthétique, par rapport à l’ objet extérieur déclenchant cette émotion, objet frustrant d’ abord puis imaginé satisfaisant, il y a une sorte de pivotement de la perception autour de certains éléments de l’ objet percu. Sur notre exemple du vase et des 2 visages, il y a un moment où l’ observateur " pivote " de la perception des 2 visages par exemple vers la perception du vase. Et sur quoi, l’ observateur pivote-t-il ? eh bien, sur le REFERENT qui sur notre exemple serait les lignes du dessin ou leur AGENCEMENT. En terme de rhétorique on pourrait dire également que l’observateur pivote sur le " tertium comparationis "d’une analogie.

http://www.jf-doucet.com/approche/P...

Vous voyez bien à quoi me sert le référent maintenant c’ est pour désigner ce qui est permanent dans la perception. Or chez J. Lacan, il y a immersion dans le langage et ce qui n’ est pas symbolisable (forclos ) revient dans le Réel. Mais je suis persuadé qu’ il existe des perceptions hors la clôture logocentrique ( le symbolisable ) comme par exemple la féminité ou certains états de conscience comme la compréhension par le corps. Pour ce qui est de l’ articulation du " référent " et du système lacanien " Réel ", "Symbolique" et "Imaginaire ", je ne me sens pas assez lacanien, pas assez calé sur J. Lacan pour répondre à votre question sur l’ articulation de l’ imaginaire et du symbolique. Si vous souhaitez un avis qualifié sur cette question, je pourrais demander à un lacanien pur sucre pour vous faire un petit topo- c’est le cas de le dire parce que les explications que je connais sur cette articulation sont topologiques !. A ce sujet, je tiens d’ ailleurs à préciser la différence d’ objectif entre la psychanalyse et la créativité telle que je la concois, même si j’ adopte pour théorie du sujet, le parlêtre lacanien, la psychanalyse se proposant d’établir une théorie à partir d’éléments cliniques alors que la créativité ( qui, en fait, étant une pratique est difficilement théorisable ) place ce parlêtre dans une situation ( pour moi le laboratoire ) où interviennent non plus les transferts et tout ce que vous connaissez de la psychanalyse mais aussi l’ environnement linguistique qui définit le Zeitgeist d’ une époque. Cette différence d’ optique me permet comme bon me semble d’utiliser des outils comme le "référent" pour les besoins de la cause. Je regrette ce petit bricolage mais je fais ce que je peux !
Voila : il me reste à vous remercier de l’ attention que vous portez à mes textes et de la précision avec laquelle vous y répondez.
Bien cordialement
Jean-francois Doucet

Website : Vase ou 2 visages
Tuesday 30 October 2007 agrave 08h09

en relisant votre phrase "Grossièrement alors mon sujet créateur est lacanien c’ est à dire un système R(éel), S(ymbolique) et I(maginaire), la créativité étant une propriéte de l’ articulation de l’ Imaginaire au Symbolique.", je dois dire que vous suis davantage dans ce que vous cherchez à dire (j’aimerais bien que vous m’éclairiez d’ailleurs sur la relation entre imaginaire et symbolique, c’est une piste très intéressante). Mais je ne vois toujours pas le besoin du référent...

ej

Tuesday 30 October 2007 agrave 08h05

Alors, sur votre lien Model = OMM: un modèle linguistique, je suis tombé sur :
"En particulier, on mettra l’ accent sur l’aspect conventionnel du langage pour la définition de la réalité extérieure à l’ origine des conventions nouvelles. On adoptera la distinction cartésienne du "Res extensa " pour désigner la réalité extérieure opposée au " Res cogitans " du sujet humain. Cette réalité extérieure est assimilée au référent des linguistes dont les mots désignent les objets par leur double aspect de signifiants (trace mnésique sonore) et de signifiés."
Ou « Ainsi le processus créatif s’ inscrit entre une personne qui l’engendre et les produits auxquels il donne naissance. »

Alors là, en effet, il y a une rupture entre le référent et l’agencement collectif d’énonciation. Deleuze-Guattari sont allergiques à la personnologie, au cartésianisme et à cette rupture entre réalité et sujet humain. Pour eux, il y a une interaction réciproque qui se déroule en-deça ou au delà du sujet, qu’ils déconstruisent totalement (voir l’anti-oedipe).

De même pour Lacan (qui garde quelque chose de cartésien avec le sujet de l’énonciation/ et le sujet de l’énoncé), le sujet n’est qu’un effet évanouissant du signifiant et je ne uis pas sûr qu’il vous suivrait sur votre notion de "référent". D’où notre débat dépasse de loin le cadre de la linguistique... Vous présupposez un sujet qui a été totalement démonté par les philosophies du désir et la psychanalyse lacanienne : le signifiant représente un sujet pour un autre signifiant…
voir le lien http://auriol.free.fr/psychanalyse/...
sujet :ce qui parle sans le savoir me fait Je , sujet du verbe (cf. "corps": il n’y a pas de ’sujet connaissant’) (XX, 108, 114); cette discordance du savoir et de l’être, c’est ce qui est notre sujet (XX, 109). Le Je n’est pas un être, c’est un supposé à ce qui parle. Ce qui parle n’a à faire qu’avec la solitude (XX, 109) L’individu (= le corps pour Aristote) qui est affecté de l’inconscient est le même qui fait le sujet d’un signifiant. C’est à dire qu’un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant (cf signifiant) (XX, 129) Le sujet n’est jamais que ponctuel et évanouissant, car il n’est sujet que par un signifiant, et pour un autre signifiant (XX, 130) Le noeud à 3 est le support de toute espèce de sujet (XXIII 16/12/75) Le "sens même du mot sujet: supposé comme imaginaire" (XXII 13 5 75).

Je ne sais pas si je m’éloigne...

bien à vous,

elias

Tuesday 30 October 2007 agrave 04h15

Bonjour,
Alors, concernant votre message précédent, où des sujets s’entendent sur une plaque d’argile cassée, je me suis dit, on parle peut-être de la même chose. L’agencement collectif d’énonciation, c’est une manière de faire communauté de sens : "Le concept d’agencement collectif d’énonciation de Guattari-Deleuze permet de sortir de la logique du signifiant. Le sujet n’est plus un individu isolé avec ses signifiants, mais fait partie d’un agencement où il (est) interagi(t) avec un milieu et un groupe qui produisent un agencement collectif d’énonciation en évolution permanente." et " « L’unité réelle minima, ce n’est pas le mot, ni l’idée ou le concept, ni le signifiant mais l’agencement. C’est toujours un agencement qui produit les énoncés. Les énoncés n’ont pas pour cause un sujet qui agirait comme sujet d’énonciation pas plus q’ils ne se rapportent à des sujets comme sujets d’énoncé. L’énoncé est le produit d’un agencement toujours collectif qui met en jeu en nous et dehors de nous des populations, des multiplicités, des tentations, des devenirs, des affects, des évènements. »
voir http://antioedipe.unblog.fr/2007/10...

Ensuite, ce nouveau commenaire où vous démarquez le référent de l’agencement collectif d’énonciation ne me paraît plus aussi clair. Il faut que je le relise encore pour vous répondre à mon tour, mais je le comprends mal pour le moment,

bien à vous,

ej

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16 March 2009 - Le timbre poste facilite le travail de C. Darwin

Un savant épistolier hors pair On a conservé plus de 14500 lettres de C. Darwin avec quelques (...)

18 January 2008 - Supprimer le problème, c’ est le résoudre !

Problèmatiser, évidemment, c’ est utiliser les ressources de la langue pour trouver la solution, (...)